Chaque semaine, nous relevons l’actualité de la robotique, de l’intelligence artificielle, des télécoms et de l’informatique en nous appuyant uniquement sur des sources d’autorité : institutions, régulateurs, presse d’ingénierie de référence. Chaque lien a été vérifié et chaque fait relu à la source. Deux sections sont plus courtes cette semaine : l’IFR n’a publié aucun communiqué dans la fenêtre de 7 jours, et côté télécoms seule l’Arcep a publié sur nos sujets ; elles n’ont donc que deux entrées chacune.
Robotique
IEEE Spectrum (8 octobre) : des chercheurs de l’ETH Zurich transforment une main robotique du commerce en robot autonome qui marche sur le bout de ses doigts et s’en sert aussi pour manipuler. Le seul ajout matériel est un « sac à dos » de 80 grammes (batterie, centrale inertielle, Raspberry Pi Zero) ; la marche est apprise en simulation par renforcement. En essais réels, la main a parcouru 14 surfaces différentes à 9 cm/s en moyenne, s’est redressée seule dans 21 essais sur 25 et a poussé un cube de 41 grammes vers des cibles situées jusqu’à 40 cm, 15 fois de suite. Des chercheurs extérieurs cités par l’article relèvent qu’un usage pratique exigerait une perception embarquée et que la durabilité reste à démontrer.
IEEE Spectrum, Video Friday (9 octobre) : parmi les vidéos de la semaine, SANDO, un système de navigation du MIT qui planifie et ajuste une trajectoire sans collision au milieu d’obstacles mobiles avec les seuls capteurs et calculateurs embarqués, la sécurité étant appuyée sur des garanties mathématiques ; et un robot nageur souple de l’université d’État de Caroline du Nord, inspiré des comatules, qui obtient trois modes de nage (verticale, directionnelle, réorientation en 3D) avec seulement deux entrées pneumatiques.
Intelligence artificielle
Commission européenne (9 octobre) : la Commission a tenu une réunion spéciale du panel scientifique sur l’IA, qui réunit 60 experts indépendants chargés de conseiller le Bureau de l’IA et les autorités nationales sur les risques systémiques. Le panel a enquêté sur de récents incidents de perte de contrôle et préparé, avec le Bureau de l’IA, une série de questions destinées aux entreprises qui ont développé les modèles en cause ; il devait présenter ses recommandations sur la sûreté et la sécurité de l’IA de pointe.
IEEE Spectrum (5 octobre) : trois chercheurs en éthique de l’IA (Hugging Face et Data and Society Research Institute) soutiennent, dans un article déposé sur arXiv le 6 septembre, que les dispositifs censés maintenir un humain dans la boucle des agents d’IA l’en écartent en pratique : les agents sont optimisés pour la vitesse, la précision et le volume, et submergent le superviseur d’informations. Les auteurs proposent d’introduire volontairement de la friction, par exemple demander à l’utilisateur de consigner son propre choix avant de lui montrer le plan de l’agent. Une spécialiste de l’autonomie interrogée rappelle que la robotique et le véhicule autonome connaissent ces problèmes de facteurs humains depuis longtemps.
IEEE Spectrum (8 octobre) : le parc nucléaire américain (94 réacteurs) adopte des assistants à base de grands modèles de langage pour un usage précis, la recherche documentaire. NIVA, lancé en août par la société Atomic Canyon avec des organismes du secteur, interroge des décennies de retours d’expérience et de documents techniques ; le travail a commencé par 53 millions de pages de données publiques. L’article souligne la limite : ces outils rendent compte à des humains et ne touchent pas à la conduite des installations, et le dirigeant d’Atomic Canyon dit ne pas imaginer, à court ou à long terme, une IA prenant des décisions d’exploitation.
Télécoms & réseaux
Arcep (8 octobre) : l’observatoire des marchés du deuxième trimestre 2026 compte 28,1 millions d’abonnements internet en fibre optique fin juin (+ 2,4 millions en un an), soit plus de huit abonnements sur dix. Sur le mobile, 37,5 millions de cartes SIM sont actives sur les réseaux 5G, soit 44 % du total (+ 10 points en un an), et un client consomme en moyenne 19,3 Go de données par mois. Environ 70 % du trafic vocal mobile passe par le réseau LTE et 9 % par le Wi-Fi.
Arcep et Arcom (6 octobre) : les collèges pléniers des deux autorités se sont réunis. L’Arcep a présenté ses deux rapports récents sur les défis que pose l’IA générative pour l’internet ouvert et pour l’environnement ; l’Arcom, les missions que le législateur pourrait lui confier au titre du règlement européen sur l’IA. Également à l’ordre du jour : l’avenir de la TNT et l’évolution des réseaux internet et des modèles d’affaires des fournisseurs d’accès.
Informatique
CERT-FR, avis CERTFR-2026-AVI-1271 (7 octobre) : de multiples vulnérabilités touchent OpenSSH dans ses versions antérieures à 10.6, d’après le bulletin de l’éditeur du 6 octobre. Certaines permettent une exécution de code arbitraire à distance, une élévation de privilèges et une atteinte à la confidentialité des données. Le correctif passe par la mise à jour indiquée dans le bulletin OpenSSH.
CERT-FR, avis CERTFR-2026-AVI-1285 (9 octobre) : nouvelle vulnérabilité dans Citrix NetScaler ADC et Gateway (CVE-2026-107406), distincte de celles de l’alerte de fin septembre. Elle permet une exécution de code arbitraire à distance et un déni de service à distance ; les branches 13.1 et 14.1 sont concernées, les versions corrigées figurant dans l’avis.
CERT-FR, bulletin d’actualité CERTFR-2026-ACT-042 (5 octobre) : le récapitulatif des vulnérabilités critiques de la semaine du 28 septembre au 4 octobre signale comme exploitées, outre celles de Citrix et de Cisco déjà relevées ici, une faille de Fortinet FortiMail (CVE-2026-104286, score CVSS de 9,8, contournement de la politique de sécurité) et une faille d’Apple iOS, iPadOS et macOS (CVE-2026-86950, score de 8,8, exécution de code à distance). Le bulletin rappelle qu’il ne remplace pas l’analyse de l’ensemble des avis.