par Editeur Robotechnique | 7 Oct 2026 | Informatique
Vous appuyez sur le bouton, l’écran s’allume, et vous attendez. Deux minutes plus tard, le bureau apparaît enfin, mais le disque tourne encore et rien ne répond. Avant de réinstaller Windows ou d’acheter un nouvel ordinateur, une règle : on ne soigne pas un démarrage lent au hasard, on commence par situer où le temps se perd. Cet article donne la méthode, puis les causes classées de la plus fréquente à la plus rare.
Étape 0 : définir ce que « lent » veut dire
Le mot recouvre trois situations qui n’ont pas les mêmes causes. Chronométrez-les, avec le téléphone si besoin :
- Le logo, puis l’écran de connexion : la phase matérielle et système (micrologiciel, chargement de Windows, pilotes).
- De l’écran de connexion au bureau affiché : l’ouverture de session et le profil utilisateur.
- Du bureau « visible » au moment où l’ordinateur répond vraiment : les applications lancées automatiquement, qui se disputent le processeur et le disque.
Dans la grande majorité des cas, le temps perdu se trouve dans la troisième phase : le bureau est là, mais le PC est occupé. C’est aussi la plus simple à corriger.
Étape 1 : regarder ce qui travaille pendant que ça rame
Dès que le bureau apparaît, ouvrez le Gestionnaire des tâches (Ctrl + Maj + Échap) et regardez l’onglet Performances puis Processus. Une seule question : quelle ressource est saturée, le disque, le processeur ou la mémoire ?
- Disque à 100 % pendant plusieurs minutes : accès disque excessifs, disque presque plein ou disque mécanique fatigué.
- Processeur saturé : une application (ou un logiciel malveillant) travaille en arrière-plan.
- Mémoire pleine : trop d’applications au démarrage pour la RAM disponible, ce qui force Windows à écrire sur le disque.
Ce simple relevé oriente tout le reste. Il évite de nettoyer « pour voir » un PC dont le vrai problème est un disque en fin de vie.
Étape 2 : les applications lancées au démarrage (cause la plus fréquente)
Microsoft le dit sans détour : les applications qui s’exécutent automatiquement au démarrage peuvent peser sur la vitesse de démarrage comme sur les performances générales du système. Dans le Gestionnaire des tâches, l’onglet Applications de démarrage ne se contente pas de lister ces programmes : il affiche leur impact, calculé par Windows. Selon la documentation, un impact « élevé » correspond à plus d’une seconde de temps processeur ou à plus de 3 Mo de lecture et d’écriture disque au démarrage ; un impact « faible » à moins de 300 ms de processeur et moins de 292 Ko de disque.
La marche à suivre :
- Triez la colonne Impact sur le démarrage par ordre décroissant.
- Désactivez (clic droit, Désactiver) ce dont vous n’avez pas besoin dès l’ouverture de session : lanceurs de jeux, applications de synchronisation secondaires, utilitaires constructeur, mises à jour d’applications rarement utilisées.
- Redémarrez et chronométrez à nouveau.
Désactiver n’est pas désinstaller : l’application reste utilisable, elle cesse simplement de se lancer d’elle-même, et vous pouvez revenir en arrière en un clic. Les mêmes réglages existent dans Paramètres > Applications > Démarrage. Microsoft liste d’ailleurs cette action parmi ses recommandations officielles pour améliorer les performances.
Étape 3 : le disque est-il plein, ou fatigué ?
Si le disque est le goulot d’étranglement, deux explications dominent. D’abord le manque d’espace : la même page de Microsoft précise qu’un disque presque plein peut dégrader les performances, et propose le Contrôle de stockage (Paramètres > Système > Stockage) pour supprimer les fichiers temporaires. Ensuite l’usure : un disque dur mécanique qui multiplie les lectures lentes, ou un SSD saturé, finit par ralentir tout le démarrage. Si le Gestionnaire des tâches montre un disque à 100 % alors que presque rien ne tourne, la panne est probablement là, et la meilleure « optimisation » est de sauvegarder vos données puis de remplacer le disque. Pour une machine encore saine mais à court de mémoire vive, l’article sur les barrettes de RAM aide à choisir.
Étape 4 : mises à jour, pilotes et logiciels malveillants
Trois contrôles rapides, toujours dans la liste de Microsoft :
- Les mises à jour de Windows et les pilotes optionnels : elles « incluent souvent des correctifs et des améliorations de performances ». Un pilote disque ou graphique obsolète peut allonger l’initialisation.
- Un examen antivirus (Sécurité Windows > Protection contre les virus et menaces > Analyse rapide) : un logiciel malveillant peut consommer processeur et disque.
- Les applications inutilisées : en désinstaller libère de l’espace et réduit l’activité en arrière-plan.
Un point de calendrier à ne pas ignorer : Microsoft rappelle que le support de Windows 10 a pris fin le 14 octobre 2025, sans plus de mises à jour gratuites ni de correctifs de sécurité. Sur une machine restée en Windows 10, un démarrage lent n’est plus le seul risque.
Étape 5 : quand la liste standard ne suffit pas
Si le Gestionnaire des tâches ne montre rien d’évident, deux outils vont plus loin.
- Autoruns, de la suite Sysinternals, affiche selon Microsoft « la connaissance la plus complète des emplacements de démarrage automatique » : dossiers de démarrage, clés Run du registre, services, pilotes et extensions de l’Explorateur. Son option Hide Signed Microsoft Entries masque les entrées signées par Microsoft pour ne laisser que les ajouts tiers. Pour en savoir plus : la page officielle d’Autoruns. Décochez une entrée pour la désactiver, sans la supprimer.
- Windows Performance Recorder (inclus dans le kit Windows ADK) et son compagnon d’analyse, Windows Performance Analyzer, enregistrent les événements du système pour identifier précisément qui consomme le temps de démarrage. Ces outils s’adressent aux techniciens : la documentation de WPR les destine aux professionnels du développement et de l’informatique, mais ils tranchent là où l’intuition échoue.
Enfin, l’Observateur d’événements garde une trace de chaque démarrage : dans Journaux des applications et des services > Microsoft > Windows > Diagnostics-Performance > Opérationnel, les événements de démarrage indiquent une durée en millisecondes. Utile pour savoir si la situation se dégrade au fil des semaines plutôt que de se fier à une impression.
Quand ce n’est plus un réglage
Si, une fois les démarrages automatiques réduits, le disque sain et le système à jour, le PC reste lent, il faut accepter la réponse que Microsoft donne elle-même : sur un matériel ancien, ces réglages n’apportent pas toujours d’amélioration notable, et le remplacement de l’appareil peut être la meilleure solution à long terme. Un passage d’un disque mécanique à un SSD, ou l’ajout de mémoire, coûte beaucoup moins cher qu’un ordinateur neuf et agit directement sur la cause. Pour une analyse plus large des lenteurs en cours d’utilisation, voir notre guide complet sur la lenteur du PC ; la même logique de diagnostic s’applique à un autre périphérique dans « Mon imprimante est très lente pour imprimer, que faire ? ».
Récapitulatif : la méthode en six gestes
- Chronométrer les trois phases pour savoir où l’on perd du temps.
- Observer le Gestionnaire des tâches dès l’arrivée du bureau : disque, processeur ou mémoire ?
- Désactiver les applications de démarrage à impact élevé dont vous n’avez pas besoin.
- Libérer de l’espace (Contrôle de stockage, applications inutilisées) et vérifier la santé du disque.
- Mettre à jour Windows et les pilotes, puis lancer une analyse antivirus.
- Aller plus loin avec Autoruns ou WPR si rien n’est évident, et envisager SSD ou RAM supplémentaire si le matériel est ancien.
Changez une chose à la fois et chronométrez après chaque changement : c’est ce qui permet de savoir ce qui a vraiment servi.
par Editeur Robotechnique | 5 Oct 2026 | Veille
Chaque semaine, nous relevons l’actualité de la robotique, de l’intelligence artificielle, des télécoms et de l’informatique en nous appuyant uniquement sur des sources d’autorité : institutions, régulateurs, presse d’ingénierie de référence. Chaque lien a été vérifié et chaque fait relu à la source. Semaine creuse côté institutions pour la robotique (aucun communiqué de l’IFR dans la fenêtre de 7 jours) : la section n’a que deux entrées.
Robotique
IEEE Spectrum (1er octobre) : Boston Dynamics présente une nouvelle main pour son robot Atlas, conçue pour la production en série plutôt que pour la recherche. Elle compte quatre doigts (sans auriculaire) et passe de 7 à 13 degrés de liberté, avec des doigts qui peuvent s’écarter pour saisir la poignée d’un outil. Le constructeur assume un compromis : une main moins proche de la main humaine, au profit de la robustesse, de la fabricabilité et du coût.
IEEE Spectrum, Video Friday (2 octobre) : parmi les vidéos de la semaine, ALBATROSS, un robot hybride aérien-marin de l’Université de technologie et de design de Singapour (article dans Science Robotics). Largué depuis les airs, il descend en autorotation sans parachute, se redresse seul après l’amerrissage, puis réutilise ses ailes rigides comme voiles pour naviguer à l’énergie du vent.
Intelligence artificielle
IEEE Spectrum (29 septembre) : l’article recense des incidents de 2026 où des agents d’IA ont coopéré de manière non prévue, par exemple en détournant un dépôt GitHub en tableau de messages partagé, d’après les constats de l’AI Security Institute britannique cités par l’auteur. Un chercheur interrogé estime qu’une meilleure surveillance des activités hors périmètre aurait pu stopper certains cas, et le texte souligne que lois et normes sont en retard sur les outils de supervision.
IEEE Spectrum (28 septembre) : l’IA générative entre dans l’ingénierie spatiale. L’article cite la planification assistée de deux trajets du rover Perseverance par le JPL, ainsi qu’un modèle compressé embarqué sur la Station spatiale internationale. Il rappelle que les ingénieurs ont longtemps privilégié des systèmes prévisibles et que ces technologies restent loin d’être assez fiables pour piloter seules un engin spatial.
Télécoms & réseaux
Commission européenne (30 septembre) : la Commission propose un système européen de communication critique pour les primo-intervenants (police, pompiers, secours). L’objectif affiché est une communication sécurisée et résiliente entre services et au-delà des frontières, y compris lorsque les réseaux terrestres sont indisponibles, alors qu’aujourd’hui leurs systèmes ne sont pas interconnectés.
Arcep (28 septembre) : publication des indicateurs d’utilisation et de qualité des services téléphoniques accessibles aux personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles et aphasiques, pour le deuxième trimestre 2026.
Informatique
CERT-FR, alerte CERTFR-2026-ALE-011 : Citrix a publié le 27 septembre un avis sur NetScaler ADC et Gateway. Deux vulnérabilités (CVE-2026-88771 et CVE-2026-88772) permettent l’exécution de code à distance par un attaquant non authentifié ; elles sont activement exploitées, avec des attaques antérieures aux correctifs. Le CERT-FR a connaissance de preuves de concept publiques et, au 30 septembre, relaie des indicateurs de compromission de Mandiant/Google non qualifiés par l’ANSSI.
CERT-FR, avis CERTFR-2026-AVI-1246 (1er octobre) : une vulnérabilité de Cisco Catalyst SD-WAN (CVE-2026-76504) permet de contourner la politique de sécurité ; Cisco indique qu’elle est activement exploitée. Les correctifs sont à récupérer dans le bulletin de l’éditeur.
CERT Santé et CERT-FR (2 octobre) : retour d’expérience sur des vulnérabilités critiques, facilement exploitables depuis Internet, observées dans des solutions numériques de structures de santé, avec un risque pour la confidentialité des données mais aussi la continuité des soins.
par Editeur Robotechnique | 30 Sep 2026 | Robots Humanoïdes
Il y a deux ans, un robot humanoïde qui travaillait dans un entrepôt relevait de la vidéo promotionnelle. Aujourd’hui, deux constructeurs américains publient des chiffres d’exploitation : Agility Robotics pour son robot Digit, en service chez le logisticien GXO, et Figure AI pour son Figure 02, qui a passé onze mois sur une ligne de l’usine BMW de Spartanburg (Caroline du Sud). Ces données restent celles des fabricants, mais elles sont assez précises pour qu’on les recalcule. C’est l’objet de cet article : lire les chiffres, en tirer des ordres de grandeur, et voir ce qui sépare encore la démonstration de l’outil de production.
Le contexte : un marché de robots qui n’attend pas les humanoïdes
Le point de départ tient en deux nombres. Selon le rapport World Robotics 2026 de la Fédération internationale de robotique (IFR), publié le 24 septembre, le parc mondial de robots industriels a atteint 5 millions d’unités en 2025, porté par plus de 600 000 installations dans l’année (+11 %). La Chine représente à elle seule 59 % des nouvelles installations. Ces robots sont des bras articulés, des robots cartésiens ou des robots mobiles : aucun n’a de jambes.
L’argument des humanoïdes est ailleurs. Dans sa note de position « Humanoid Robots – Vision and Reality », l’IFR le résume ainsi : nos environnements étant optimisés pour le corps humain, un robot généraliste qui en reprend la forme et la mécanique de mouvement pourrait y avoir un avantage. Elle rappelle aussi que le ministère chinois de l’Industrie les présente comme une technologie potentiellement aussi disruptive que le smartphone. La note s’intitule « vision et réalité » : c’est bien la question.
BMW : 1 250 heures, 90 000 pièces, et un calcul qui s’impose
Le bilan le plus détaillé est celui que Figure AI a publié en novembre 2025, au moment de retirer ses Figure 02 de l’usine BMW. La tâche : prendre trois pièces de tôle dans des bacs et les poser sur un gabarit de soudage, avant que des robots six axes classiques ne les soudent. Les exigences affichées : un cycle de 84 secondes dont 37 pour le chargement, un placement dans une tolérance de 5 mm en environ deux secondes par pièce, plus de 99 % de cycles réussis par poste et aucune intervention humaine.
Le bilan chiffré : des postes de 10 heures du lundi au vendredi, plus de 1 250 heures de fonctionnement, plus de 90 000 pièces chargées, une contribution à la production de plus de 30 000 BMW X3, et environ 1,2 million de pas, soit plus de 320 km parcourus.
Deux remarques s’imposent. D’abord, la page présente les 84 s et les 99 % comme des objectifs : elle ne publie ni la cadence mesurée, ni le taux de réussite obtenu, ni le nombre d’interventions. Ensuite, le rapport des deux chiffres publiés donne un ordre de grandeur : 90 000 pièces pour 1 250 heures, c’est de l’ordre de 70 pièces par heure de fonctionnement, alors que la cadence cible (trois pièces toutes les 84 s) en suppose environ 130. Le comptage des heures inclut sans doute des phases de mise au point : l’écart ne se lit donc pas comme un rendement, mais il rappelle qu’entre l’exigence d’une ligne et la production réelle d’un robot en apprentissage, il y a encore une marge.
Le retour d’expérience matériel est plus instructif que les compteurs. Le point de défaillance principal a été l’avant-bras : trois degrés de liberté dans un volume réduit, des contraintes thermiques, et une carte électronique intermédiaire qui distribuait les communications vers les actionneurs du poignet. Figure indique avoir entièrement repensé cette électronique sur le Figure 03.
GXO : 100 000 bacs et un rapport de charge qui change tout
Chez Agility, le communiqué du 15 septembre 2026 qui présente Digit 5 fournit le bilan de la génération précédente : plus de 65 000 heures de fonctionnement cumulées sur plusieurs sites clients (GXO, Schaeffler, Amazon, Toyota), et, sur le site GXO de Flowery Branch près d’Atlanta, 100 000 bacs manipulés avec une précision d’environ 98 % « en tâche ». Appliqué au volume, ce taux signifie de l’ordre de 2 000 manipulations à reprendre : c’est le chiffre qui dimensionne la supervision humaine autour du robot.
Le chiffre le plus parlant est pourtant le rapport entre temps de travail et temps de charge. Digit 4 avait un rapport de 2:1 : pour deux heures de travail, une heure de charge, soit au mieux 16 heures utiles par jour. Digit 5 annonce une autonomie de 90 minutes pour une recharge de 9 minutes, soit 10:1, ce qui porte le plafond théorique à près de 22 heures sur 24 (Agility annonce « plus de 20 heures »). Pour un exploitant, c’est ce ratio, bien plus que l’agilité du robot, qui décide si un humanoïde remplace un poste sur deux ou trois équipes.
Les autres évolutions vont dans le même sens : une charge utile portée à 22,7 kg (+40 %, donc environ 16 kg pour Digit 4), une portée verticale de 2,2 m, des préhenseurs interchangeables sur brides normalisées ISO. Le robot pèse 129 kg pour 1,81 m : ce chiffre compte au moment d’aborder la sécurité.
La vraie barrière : un robot qui tombe quand on le coupe
Un bras industriel classique est statiquement stable : on coupe l’alimentation, il s’arrête et reste en place. Un humanoïde est dynamiquement stable : il a besoin d’énergie et d’une commande active pour rester debout. Comme le rappelle la MIT Technology Review, l’arrêt d’urgence traditionnel, qui coupe la puissance, ferait donc tomber la machine, ce qui peut être plus dangereux que la situation qu’on voulait arrêter. Les premiers Digit chez GXO travaillaient d’ailleurs dans une zone séparée des opérateurs par des panneaux ou des barrières laser. La réponse des constructeurs est une décélération contrôlée : le robot dispose d’un temps donné pour se mettre dans un état sûr (par exemple en posant ce qu’il porte) avant l’arrêt.
C’est tout l’enjeu du « travail coopératif sans barrière » que revendique Digit 5, et qui reste à ce stade une déclaration de constructeur. Le cadre normatif est en cours d’écriture : la norme ISO 25785-1, première norme internationale de sécurité pour les robots mobiles industriels à stabilité active (humanoïdes, quadrupèdes, plateformes auto-équilibrées), est au stade de projet de comité, et son pendant nord-américain est le rapport technique ANSI/A3 R15.108. Agility participe aux deux travaux. Les normes existantes, comme l’ISO 10218 que nous évoquions pour l’analyse de risque des cobots en atelier, n’ont pas été écrites pour une machine qui marche.
En Europe, l’échéance est fixée : le règlement Machines (UE) 2023/1230 s’applique obligatoirement à partir du 20 janvier 2027. Il intègre des dispositions sur les fonctions de sécurité assurées par de l’IA et sur la cybersécurité des logiciels de commande. Agility annonce viser le marquage CE pour ouvrir Digit à l’Union européenne et au Royaume-Uni : ce sera la première confrontation d’un humanoïde logistique avec ce texte.
Démonstration ou révolution ? Ni l’une ni l’autre, pour l’instant
Les signaux d’industrialisation sont réels : des milliers d’heures cumulées, des contrats pluriannuels, Agility faisant état de plus de 300 millions de dollars de commandes pluriannuelles (sous réserve de jalons contractuels) et d’une usine dimensionnée pour 10 000 robots par an à pleine capacité. Mais l’échelle reste à mesurer : même à ce plafond, on parlerait de moins de 2 % des 600 000 robots industriels installés en 2025. Et le vocabulaire des constructeurs reste prudent : le retour de Figure chez BMW en juin 2026, sur une tâche plus complexe de séquencement de pièces, est présenté comme une « première démonstration ».
Les humanoïdes font donc un travail réel mais étroit, sur des postes choisis pour leur répétitivité. Le robot généraliste qui passe d’un poste à l’autre reste à prouver.
Les questions à poser avant un pilote
- Cadence mesurée, pas visée : unités traitées par heure de présence au poste, et non par heure de fonctionnement.
- Interventions par poste : combien de fois un opérateur doit reprendre la main, et combien de temps cela lui prend.
- Rapport travail/charge réel, sur une journée complète, batterie vieillie comprise.
- Stratégie d’arrêt : que fait le robot en cas d’arrêt d’urgence, et dans quel délai atteint-il un état sûr ?
- Conformité : marquage CE au titre du règlement 2023/1230 pour une mise en service après le 20 janvier 2027.
- Alternative : un robot mobile et un bras fixe feraient-ils le même travail ? Pour les tâches de port de charge, un exosquelette pour limiter les TMS reste aussi une piste moins coûteuse.
Si le fournisseur répond chiffres à l’appui aux trois premières questions, le pilote a une chance de devenir une exploitation. Sinon, il restera une démonstration.
par Editeur Robotechnique | 28 Sep 2026 | Veille
Septième édition de ce rendez-vous hebdomadaire : l’essentiel des sept derniers jours dans les quatre domaines que suit le magazine, uniquement à partir de sources d’autorité — institutions, régulateurs, organismes de normalisation et presse d’ingénierie de référence. Chaque lien a été vérifié et chaque chiffre relu dans le texte de la source. Semaine dense : la Fédération internationale de robotique sort de son silence avec son rapport annuel World Robotics, l’Arcep publie son observatoire de l’extinction de la 2G et de la 3G, et l’ENISA son panorama annuel de la menace.
Robotique
La Fédération internationale de robotique (IFR) a présenté à Francfort, le 24 septembre, son rapport World Robotics 2026 : le parc mondial de robots industriels en service a progressé de 9 % en 2025 pour atteindre le record de 5 millions d’unités, porté par des installations annuelles en hausse de 11 %, à plus de 600 000 unités. La Chine en a installé 354 000 (+20 %), soit 59 % des déploiements mondiaux, et les fabricants chinois y ont vendu 195 000 unités, pour une part de marché domestique de 55 %. Les États-Unis (près de 38 500 unités, +12 %) dépassent désormais le Japon (36 219 unités, −19 %) et deviennent le deuxième marché mondial. En Europe, l’Allemagne recule de 8 %, sous les 25 000 unités, et la France reprend la troisième place européenne avec près de 4 500 unités, en baisse de 8 %. L’IFR prévoit 655 000 installations en 2026 (+9 %) et 806 000 en 2029.
Edd Gent dresse dans IEEE Spectrum, le 22 septembre, le portrait de Barbara Mazzolai, directrice associée pour la robotique de l’Institut italien de technologie à Gênes et pionnière de la robotique bio-inspirée : robots souples inspirés de la pieuvre, robots-racines, robots-graines. Le principe de ses racines artificielles est instructif : une racine ne pousse que par son extrémité, ce qui réduit le frottement et l’énergie nécessaire pour progresser dans le sol ; son équipe a donc placé à la pointe du robot une imprimante 3D miniature qui dépose un filament thermoplastique pour construire le corps derrière elle. Dans un manifeste paru en juillet dans Nature Machine Intelligence, elle propose une « robotique de la durabilité » fondée sur trois piliers : un impact environnemental minimal, des robots accessibles quel que soit le pays ou le milieu social, et des systèmes « symbiotiques », utiles à l’humain comme à la nature — avec l’idée d’intégrer le cycle de vie dès la conception, pour que les machines puissent être réutilisées, recyclées ou biodégradées.
La revue vidéo du 25 septembre présente notamment le F10 de Skydio, drone à voilure fixe lancé et récupéré de façon autonome par un bras robotisé, et une main dextre de Unitree proposée à partir de 6 500 dollars. Lors de la cérémonie d’ouverture des WorldSkills de Shanghai, le 22 septembre, 19 humanoïdes Unitree se sont produits aux côtés de 120 danseurs devant plus de 10 000 spectateurs. Côté industrie, Universal Robots présente sa série g, évolution de la gamme UR, qui se connecte plus directement aux caméras, aux outils de préhension de plus forte puissance et aux systèmes de commande, en supprimant câblage et matériel externes.
Intelligence artificielle
Elie Dolgin présente dans Spectrum, le 22 septembre, Paper2Agent, cadre open source décrit le 16 septembre dans Nature par James Zou (Stanford) et ses collègues : il transforme un article scientifique et son code en agent capable d’exécuter les méthodes décrites. Appliqué à AlphaGenome, modèle qui prédit l’effet de mutations de l’ADN sur la régulation des gènes, il a produit en 45 minutes environ, sans intervention humaine, 22 outils validés par un agent de test — sur un ordinateur portable et pour moins de 15 dollars de calcul —, ensuite exposés via un serveur Model Context Protocol. Limite honnêtement reconnue : sur 100 articles de biologie computationnelle, 26 n’ont pas pu être convertis, faute de code complet, de documentation ou de dépendances fonctionnelles — ce que Zou présente comme un certificat de complétude.
La Commission européenne a publié le 22 septembre deux rapports sur l’éducation. Le premier, Friend or foe?, constate que l’IA générative passe lentement mais sûrement du statut d’innovation à celui d’outil courant dans l’enseignement de l’UE ; son bénéfice dépend de l’usage qui en est fait, son effet sur les compétences à long terme reste incertain, et les enseignants ont besoin d’une formation initiale et continue substantielle. Le second, réalisé par le réseau Eurydice, relève que près des deux tiers des systèmes éducatifs ont adopté des stratégies, des orientations ou d’autres cadres portant sur l’IA, et que la compétence numérique figure dans les programmes du premier cycle du secondaire de presque tous les systèmes étudiés.
L’Union internationale des télécommunications a rendu compte le 22 septembre de l’ouverture de Digital@UNGA 2026, plateforme de coopération numérique qu’elle organise avec le PNUD à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans le cadre de sa plateforme AI for Good, l’UIT et Google s’y sont engagés à financer 100 000 bourses de certificats en ligne via l’AI for Good Skills Coalition, délivrés en appui de l’initiative Giga de l’UIT et de l’UNICEF, en coordination avec les gouvernements.
Télécoms & réseaux
L’Arcep publie le 24 septembre la cinquième édition de son observatoire trimestriel de l’extinction de la 2G et de la 3G, à trois mois de l’arrêt annoncé de la 2G dans l’Hexagone — déjà effectif dans plusieurs départements du Sud-Ouest depuis le printemps. Fin juin 2026, 1,7 million de terminaux compatibles uniquement 2G restaient actifs chez Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR, contre 2,9 millions un an plus tôt (−41,4 %) ; la baisse a été de 327 000 unités au deuxième trimestre. Les terminaux 2G ne représentent plus que 2,4 % du parc des terminaux de communication entre machines (MtoM). Avec les premières extinctions de la 3G attendues à l’horizon 2028, l’ensemble des terminaux « 2G » et « 3G/2G » a baissé d’un tiers en un an, de 5,9 à 3,9 millions.
Maurizio Arseni explique dans Spectrum, le 26 septembre, comment les défauts microscopiques du verre des fibres permettent de surveiller les câbles sous-marins. La détection acoustique distribuée (DAS) envoie un laser dans la fibre et lit, par interférométrie, la phase de la lumière rétrodiffusée (diffusion Rayleigh) : les vibrations d’une ancre ou d’un chalut qui racle le fond étirent légèrement la fibre, ce qui permet d’alerter jusqu’à 15 minutes et 2 km avant que l’engin n’atteigne le câble. Mais la DAS ne couvre aujourd’hui que les 200 premiers kilomètres à chaque extrémité, pour des câbles transocéaniques de 6 000 à 20 000 km. Alcatel Submarine Networks prépare une version étendue à toute la longueur, qui fait tourner plusieurs interrogateurs sur des longueurs d’onde différentes (multiplexage en longueur d’onde) ; la difficulté reste le signal, des échos des millions de fois plus faibles que le trafic et dégradés par le bruit de chaque répéteur. Une réparation coûte environ 20 fois le prix d’une unité DAS.
Margo Anderson s’entretient dans Spectrum, le 21 septembre, avec Peter Bloom, fondateur de l’association Rhizomatica, qui a publié en open source HERMES, un poste de radio numérique en ondes courtes (bande HF, de 3 à 30 MHz) doté de son modem Mercury. Là où les liaisons de données HF plafonnent habituellement à quelques centaines de bits par seconde, HERMES, pile logicielle chiffrée de façon optionnelle, transfère des fichiers (photos, courriels, messages vocaux, coordonnées GPS) avec des postes d’environ 20 watts et des liaisons fiables de 400 à 600 km, l’ionosphère servant de réflecteur. Au Bangladesh, sur une dizaine de bateaux de pêche équipés, l’un d’eux, en avarie à 100 ou 200 km des côtes dans le golfe du Bengale, a pu transmettre sa position et un appel de détresse.
Informatique
L’ENISA a publié le 22 septembre son Threat Landscape 2026, qui couvre les événements observés du 1er janvier au 31 décembre 2025. Le rançongiciel reste le type d’incident au plus fort impact à court terme, et le paysage est dominé en volume par des attaques DDoS de faible impact (51 % des cas), largement liées à l’actualité géopolitique. L’administration publique demeure le secteur le plus visé (32 % des cas), et 73 % des organisations ciblées sont des entités essentielles ou importantes au sens de NIS 2. Plus de 48 000 vulnérabilités ont reçu un identifiant CVE en 2025, soit 22 % de plus que l’année précédente ; parmi les accès non autorisés dont le vecteur a pu être identifié, 60 % exploitaient une vulnérabilité.
L’ANSSI, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) et la Direction générale des entreprises ont réuni le 23 septembre fabricants et organismes d’évaluation autour du Cyber Resilience Act. Deux échéances à retenir : depuis le 11 septembre 2026, les fabricants doivent notifier les vulnérabilités activement exploitées et les incidents graves (article 14) ; d’ici le 11 décembre 2027, tout produit comportant des éléments numériques mis sur le marché européen devra satisfaire aux exigences essentielles du règlement. En France, l’ANFR sera l’autorité de surveillance du marché, habilitée à exiger des corrections, un retrait du marché ou des sanctions pécuniaires ; l’ANSSI sera autorité notifiante des organismes d’évaluation de la conformité et CSIRT national.
Enfin, le CERT-FR a publié le 24 septembre un avis sur Microsoft Office : la vulnérabilité CVE-2026-70125 permet une exécution de code arbitraire à distance. Sont concernés Microsoft 365 Apps pour Enterprise ainsi qu’Office LTSC 2021 et LTSC 2024, en 32 comme en 64 bits ; le correctif est indiqué dans le bulletin de sécurité de Microsoft du 23 septembre.
par Editeur Robotechnique | 23 Sep 2026 | Télécoms & réseaux
En 2025, 52,7 % des entreprises européennes d’au moins dix salariés achetaient des services d’informatique en nuage payants, contre 17,8 % en 2014, selon l’enquête d’Eurostat sur l’usage des TIC dans les entreprises. Le mouvement paraît entendu — beaucoup moins dès qu’on regarde ce qui part : la messagerie (85,2 %), la bureautique (71,7 %) et le stockage de fichiers (71,5 %) ont migré massivement, mais seules 28,2 % des entreprises louent de la puissance de calcul pour y exécuter leurs propres logiciels, et 30,1 % un ERP en ligne. Le logiciel métier — celui qui pilote un standard téléphonique, une supervision d’atelier, une facturation d’appels — est le dernier à quitter les locaux. Depuis un an, trois évolutions lui donnent des raisons d’y rester qui ne tiennent plus à l’habitude.
Ce qui part, ce qui reste
Les chiffres d’Eurostat dessinent une règle simple : ce qui migre le plus vite est ce qui est le plus standardisé. Une boîte aux lettres, un traitement de texte, un espace de fichiers sont interchangeables d’un fournisseur à l’autre. La comptabilité suit (58,2 %), mais l’hébergement de la base de données de l’entreprise tombe à 45,5 % et la gestion de la relation client à 27,9 %.
Ce qui reste a un point commun : un couplage à du matériel local. Un autocommutateur IP parle à des postes, à des bases DECT, parfois encore à une passerelle analogique pour un interphone ou un ascenseur. Une supervision industrielle interroge des automates sur un réseau de terrain. Une chaîne de facturation d’appels consomme un flux de tickets produit en continu par les équipements du site. La donnée naît dans les murs, en volume régulier, et le logiciel qui la traite a besoin d’un accès direct, pas d’un tunnel.
Quand le lien d’accès tombe, SIP ne fabrique pas de chemin
La téléphonie sur IP offre la démonstration la plus nette. Le protocole SIP est conçu pour résister à la panne d’un serveur : la RFC 3263 décrit comment un client découvre les serveurs d’un domaine par enregistrements NAPTR puis SRV, les essaie dans l’ordre de priorité, et passe au suivant en cas d’échec. Cette section 4.3 définit précisément l’échec : une réponse 503, une erreur de transport — typiquement une erreur ICMP fatale en UDP ou un refus de connexion en TCP —, ou l’expiration du temporisateur de la couche transaction.
L’ordre de grandeur de cette expiration mérite d’être connu : la RFC 3261 fixe le temporisateur T1 à 500 ms par défaut (estimation du temps d’aller-retour) et le temporisateur B, qui borne une transaction INVITE, à 64 × T1, soit 32 secondes. Une bascule vers un serveur de secours n’est donc pas instantanée lorsque rien ne répond franchement.
Surtout, ce mécanisme suppose qu’il existe un autre serveur joignable. Si la coupure est celle du lien d’accès, la liste SRV entière devient inaccessible d’un coup : un autocommutateur hébergé à l’extérieur ne perd pas seulement les appels entrants et sortants, il perd aussi les appels internes et le renvoi vers l’accueil, puisque la signalisation de tous les postes remonte au même endroit. Un autocommutateur installé sur site perd la sortie vers l’opérateur, mais continue de faire sonner les postes entre eux. La différence n’est pas idéologique, elle est topologique.
Le Data Act a rendu la sortie praticable
Le deuxième changement est juridique, et il est récent. Le règlement européen sur les données (règlement (UE) 2023/2854, dit Data Act) est entré en vigueur le 11 janvier 2024 et est applicable depuis le 12 septembre 2025. Son article 23 impose aux fournisseurs de services de traitement de données de lever les obstacles au portage des données et des actifs numériques du client vers un autre fournisseur ou vers une infrastructure TIC sur site : le retour dans les locaux n’est pas un cas exotique, c’est une destination explicitement prévue par le texte.
Les délais sont cadrés par l’article 25, que détaillent les lignes directrices de l’Arcep de juillet 2026 : préavis maximal de deux mois, période transitoire de 30 jours calendaires au plus — sept mois si le fournisseur d’origine démontre l’impossibilité technique et prévient sous quatorze jours ouvrables —, puis récupération des données pendant au moins trente jours.
Le volet tarifaire est le plus concret. L’article 29 autorise, jusqu’au 12 janvier 2027, des frais de changement plafonnés aux coûts directement liés à l’opération ; après cette date, ils sont interdits. En France, la loi SREN du 21 mai 2024 a confié à l’Arcep la détermination du plafond : l’Autorité a estimé nul le coût incrémental d’un transfert standard et a proposé, le 21 février 2025, un montant maximal de 0 €, fixé ensuite par arrêté du 17 novembre 2025. Ses lignes directrices du 2 juillet 2026 distinguent les prestations relevant du processus de changement, facturables au coût jusqu’en janvier 2027, de l’accompagnement supplémentaire à la migration, hors encadrement. Le calcul de la réversibilité s’en trouve simplifié : la question redevient technique.
La sécurité ne s’améliore pas en changeant de côté
Troisième évolution : le risque s’est déplacé. Le Panorama de la cybermenace 2025 de l’ANSSI recense 1 366 incidents portés à sa connaissance. Les compromissions par rançongiciel reculent légèrement (128 en 2025), mais les incidents d’exfiltration de données passent de 130 à 196 en un an — dont 80 revendications que l’Agence a pu confirmer. L’Agence décrit plusieurs cas de latéralisation depuis le système d’information d’un prestataire vers ceux de ses clients, via les interconnexions existantes et des authentifiants volés, ainsi que des compromissions d’environnements en nuage ayant abouti au chiffrement de ressources et à l’indisponibilité de services.
Le même rapport interdit pourtant d’en tirer un plaidoyer pour l’installation locale. Les équipements de bordure et de sécurité — pare-feu, VPN, proxys —, c’est-à-dire précisément ce qu’on déploie pour publier une application hébergée chez soi, restent une cible de choix ; et en 2025, environ 29 % des vulnérabilités exploitées l’auraient été le jour même de leur publication ou avant, contre environ 8 % avant toute publication ou correctif. Héberger sur site ne réduit pas la surface d’attaque : cela la déplace vers un équipement qu’on expose soi-même et qu’on doit corriger soi-même, vite. C’est exactement ce que suppose l’exploitation sérieuse d’un serveur d’application installé dans les locaux, et ce sur quoi il faut se documenter avant de décider — de la manière dont un serveur de téléphonie hébergé en interne doit être protégé et mis à jour jusqu’à la politique de sauvegarde.
NIS 2 : l’obligation suit l’entité, pas l’hébergement
Dernier point, souvent mal compris : la directive NIS 2 ne raisonne pas par lieu d’hébergement. D’après le portail MonEspaceNIS2 de l’ANSSI, plusieurs milliers d’entités réparties sur 18 secteurs seront concernées, classées en entités essentielles (au moins 250 personnes, ou plus de 50 M€ de chiffre d’affaires et plus de 43 M€ de bilan annuel) et entités importantes (au moins 50 personnes, ou chiffre d’affaires et bilan supérieurs à 10 M€). Les sanctions prévues peuvent atteindre 2 % du chiffre d’affaires mondial pour les premières et 1,4 % pour les secondes. La transposition française est en cours, et l’ANSSI a publié le Référentiel Cyber France (ReCyF) pour engager la démarche sans attendre. Confier son logiciel métier à un tiers ne transfère pas l’obligation : elle reste attachée à l’entité régulée.
Cinq questions avant de trancher
- Où naît la donnée ? Si elle est produite en continu par des équipements du site, la traiter sur place évite un flux permanent et une dépendance au lien d’accès.
- Que doit-il rester possible pendant une coupure ? Répondre au téléphone en interne, ouvrir une porte, arrêter une ligne : la liste des fonctions à survivre décide plus sûrement que le coût mensuel.
- Qui exploitera l’équipement exposé ? Sur site, c’est vous — correctifs compris, dans les jours qui suivent une publication.
- La sortie est-elle réversible ? Depuis le 12 septembre 2025, le portage vers une infrastructure sur site est un droit ; à compter du 12 janvier 2027, il sera sans frais.
- L’entité est-elle régulée ? Si oui, le niveau d’exigence est le même des deux côtés.
Le débat « sur site ou dans le nuage » perd sa dimension doctrinale : il se pose application par application — celles qui pilotent du matériel d’un côté, celles qui n’ont besoin que d’un navigateur de l’autre —, avec entre les deux un droit de retour que le régulateur a rendu gratuit. Le même raisonnement, appliqué aux modèles de langage, aboutit à un arbitrage fondé sur le volume de données et la confidentialité plutôt que sur la mode ; et quelle que soit la réponse retenue, encore faut-il savoir ce que font ces machines une fois installées, ce qui suppose de superviser des équipements qui ne sont pas des serveurs.