Les troubles musculo-squelettiques issu d’activités professionnelle sont l’une des principales sources de maladies professionnelles, avec un poids économique annuel de plus de 210 milliards d’euros.

La répétitivité des gestes, la fatigue physique et les postures contraignantes sont des facteurs de risque sérieux pour les TMS. Avec une population européenne vieillissante, il est très important d’améliorer les conditions de travail pour traiter efficacement ces problématiques, principalement pour la manutention de matériaux avec des tâches telles que le levage dynamique et les postures voûtées prolongées dans la logistique la construction et l’agriculture, mais aussi dans le secteur de la santé avec toutes les problématiques de manipulation des patients.
Une des solutions et source d’innovation est l’utilisation de robotique sur les postes de travail, non pas en remplaçant l’opérateur ou opératrice par un robot, mais en l’assistant.

Aide robotisée aux gestes du travail : l’exosquelette

Si la robotisation de remplacement (on remplace l’humain par un robot) est devenue classique au fil du temps, elle atteint rapidement ses limites sur certains postes, notamment dans les cas où les gestes sont complexes, où les séries sont faibles et où le lieu de travail change (artisan du bâtiment).

Dans ces cas il devient plus intéressant d’envisager, non plus de remplacer l’humain, mais de l’aider via des solutions robotiques, notamment dans les gestes les plus contraignants et répétitifs, on parle alors d’assistance robotisée.

Pour cela on a diverses solutions, notamment le robot exosquelette, “dans” lequel l’opérateur va s’installer, cet exosquelette peut être total ou partiel, et par exemple ne couvrir que le haut du corps voire simplement un bras.

Malgré le grand intérêt que suscitent les exosquelettes à usage professionnel, la mise en œuvre à grande échelle de ce type d’exosquelettes est loin d’être acquise. En effet on ne connait pas encore bien leurs effets préventifs réels sur les TMS et de plus, il reste certains problèmes techniques et d’acceptabilité par les utilisateurs.

Bien que l’avantage potentiel des exosquelettes pour la prévention des TMS puisse être significatif, il est important de prendre en considération plusieurs questions de sécurité spécifiques qui doivent être résolus pour promouvoir une l’utilisation plus répandue des exosquelettes sur le lieu de travail.

Pour les travailleurs portant des exosquelettes professionnels (actifs et passifs), plusieurs scénarios de risque peuvent être définis en ce qui concerne leur utilisation prolongée.

Des contraintes et limites à étudier

l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) a publié un rapport sur les risques, l’acceptabilité et l’acceptation de ces dispositifs par les opérateurs lors de l’utilisation d’exosquelettes (INRS, 2019) qui liste les opportunités et contraintes :

D’une part, les exosquelettes peuvent constituer une opportunité de réduire les contraintes musculaires, articulaires, ligamentaires et osseuses au travail en assistant physiquement les travailleurs et en prévenant potentiellement les TMS ou en soutenant les travailleurs souffrant de handicaps physiques, mais d’autre part, de nouveaux risques potentiels pour la santé pourraient apparaître :

  • L’utilisation d’exosquelettes affecte le contrôle moteur, la stabilité articulaire et la cinématique modifiée et peuvent donc entraîner une redistribution du stress à d’autres régions du corps
  • Le niveau d’inconfort associé au port de l’exosquelette peut être important, notamment en cas de port prolongé.
  • Certains problèmes techniques, de sécurité et d’ergonomie en raison de la.doivent également être pris en compte et résolus au préalable avant d’imaginer une généralisation des exosquelettes professionnels.

On voit donc que, si les progrès sont manifestes, l’élimination de l’inconfort au niveau de l’interface physique entre l’utilisateur et l’équipement, l’étude dans le temps de la bonne adaptation du salariés et l’amélioration globale de l’ergonomie et de la sécurité sont les prochains défis pour l’acceptation de ces dispositifs dans les activités qui en ont besoin.

Au delà de la robotisation

Dans la majorité des cas la robotisation s’accompagne donc de changements majeurs du fonctionnement des postes de travail.

Ces changements peuvent être, bien sûr, bénéfiques, mais un accompagnement est parfois nécessaire pour prévenir les risques psycho-sociaux qui peuvent en découler.

De plus dans certains cas la question de l’assistance robotisée peut ne pas répondre, ou pas entièrement, aux problèmes générant les troubles musculosquelettiques, il est donc parfois intéressant d’étudier plus largement l’environnement global du poste de travail et d’envisager des actions comme la formation de lutte contre les TMS, la redéfinition de l’ergonomie des postes qui ont prouvé leur bonne efficacité.