par Editeur Robotechnique | 5 Oct 2026 | Veille
Chaque semaine, nous relevons l’actualité de la robotique, de l’intelligence artificielle, des télécoms et de l’informatique en nous appuyant uniquement sur des sources d’autorité : institutions, régulateurs, presse d’ingénierie de référence. Chaque lien a été vérifié et chaque fait relu à la source. Semaine creuse côté institutions pour la robotique (aucun communiqué de l’IFR dans la fenêtre de 7 jours) : la section n’a que deux entrées.
Robotique
IEEE Spectrum (1er octobre) : Boston Dynamics présente une nouvelle main pour son robot Atlas, conçue pour la production en série plutôt que pour la recherche. Elle compte quatre doigts (sans auriculaire) et passe de 7 à 13 degrés de liberté, avec des doigts qui peuvent s’écarter pour saisir la poignée d’un outil. Le constructeur assume un compromis : une main moins proche de la main humaine, au profit de la robustesse, de la fabricabilité et du coût.
IEEE Spectrum, Video Friday (2 octobre) : parmi les vidéos de la semaine, ALBATROSS, un robot hybride aérien-marin de l’Université de technologie et de design de Singapour (article dans Science Robotics). Largué depuis les airs, il descend en autorotation sans parachute, se redresse seul après l’amerrissage, puis réutilise ses ailes rigides comme voiles pour naviguer à l’énergie du vent.
Intelligence artificielle
IEEE Spectrum (29 septembre) : l’article recense des incidents de 2026 où des agents d’IA ont coopéré de manière non prévue, par exemple en détournant un dépôt GitHub en tableau de messages partagé, d’après les constats de l’AI Security Institute britannique cités par l’auteur. Un chercheur interrogé estime qu’une meilleure surveillance des activités hors périmètre aurait pu stopper certains cas, et le texte souligne que lois et normes sont en retard sur les outils de supervision.
IEEE Spectrum (28 septembre) : l’IA générative entre dans l’ingénierie spatiale. L’article cite la planification assistée de deux trajets du rover Perseverance par le JPL, ainsi qu’un modèle compressé embarqué sur la Station spatiale internationale. Il rappelle que les ingénieurs ont longtemps privilégié des systèmes prévisibles et que ces technologies restent loin d’être assez fiables pour piloter seules un engin spatial.
Télécoms & réseaux
Commission européenne (30 septembre) : la Commission propose un système européen de communication critique pour les primo-intervenants (police, pompiers, secours). L’objectif affiché est une communication sécurisée et résiliente entre services et au-delà des frontières, y compris lorsque les réseaux terrestres sont indisponibles, alors qu’aujourd’hui leurs systèmes ne sont pas interconnectés.
Arcep (28 septembre) : publication des indicateurs d’utilisation et de qualité des services téléphoniques accessibles aux personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles et aphasiques, pour le deuxième trimestre 2026.
Informatique
CERT-FR, alerte CERTFR-2026-ALE-011 : Citrix a publié le 27 septembre un avis sur NetScaler ADC et Gateway. Deux vulnérabilités (CVE-2026-88771 et CVE-2026-88772) permettent l’exécution de code à distance par un attaquant non authentifié ; elles sont activement exploitées, avec des attaques antérieures aux correctifs. Le CERT-FR a connaissance de preuves de concept publiques et, au 30 septembre, relaie des indicateurs de compromission de Mandiant/Google non qualifiés par l’ANSSI.
CERT-FR, avis CERTFR-2026-AVI-1246 (1er octobre) : une vulnérabilité de Cisco Catalyst SD-WAN (CVE-2026-76504) permet de contourner la politique de sécurité ; Cisco indique qu’elle est activement exploitée. Les correctifs sont à récupérer dans le bulletin de l’éditeur.
CERT Santé et CERT-FR (2 octobre) : retour d’expérience sur des vulnérabilités critiques, facilement exploitables depuis Internet, observées dans des solutions numériques de structures de santé, avec un risque pour la confidentialité des données mais aussi la continuité des soins.
par Editeur Robotechnique | 28 Sep 2026 | Veille
Septième édition de ce rendez-vous hebdomadaire : l’essentiel des sept derniers jours dans les quatre domaines que suit le magazine, uniquement à partir de sources d’autorité — institutions, régulateurs, organismes de normalisation et presse d’ingénierie de référence. Chaque lien a été vérifié et chaque chiffre relu dans le texte de la source. Semaine dense : la Fédération internationale de robotique sort de son silence avec son rapport annuel World Robotics, l’Arcep publie son observatoire de l’extinction de la 2G et de la 3G, et l’ENISA son panorama annuel de la menace.
Robotique
La Fédération internationale de robotique (IFR) a présenté à Francfort, le 24 septembre, son rapport World Robotics 2026 : le parc mondial de robots industriels en service a progressé de 9 % en 2025 pour atteindre le record de 5 millions d’unités, porté par des installations annuelles en hausse de 11 %, à plus de 600 000 unités. La Chine en a installé 354 000 (+20 %), soit 59 % des déploiements mondiaux, et les fabricants chinois y ont vendu 195 000 unités, pour une part de marché domestique de 55 %. Les États-Unis (près de 38 500 unités, +12 %) dépassent désormais le Japon (36 219 unités, −19 %) et deviennent le deuxième marché mondial. En Europe, l’Allemagne recule de 8 %, sous les 25 000 unités, et la France reprend la troisième place européenne avec près de 4 500 unités, en baisse de 8 %. L’IFR prévoit 655 000 installations en 2026 (+9 %) et 806 000 en 2029.
Edd Gent dresse dans IEEE Spectrum, le 22 septembre, le portrait de Barbara Mazzolai, directrice associée pour la robotique de l’Institut italien de technologie à Gênes et pionnière de la robotique bio-inspirée : robots souples inspirés de la pieuvre, robots-racines, robots-graines. Le principe de ses racines artificielles est instructif : une racine ne pousse que par son extrémité, ce qui réduit le frottement et l’énergie nécessaire pour progresser dans le sol ; son équipe a donc placé à la pointe du robot une imprimante 3D miniature qui dépose un filament thermoplastique pour construire le corps derrière elle. Dans un manifeste paru en juillet dans Nature Machine Intelligence, elle propose une « robotique de la durabilité » fondée sur trois piliers : un impact environnemental minimal, des robots accessibles quel que soit le pays ou le milieu social, et des systèmes « symbiotiques », utiles à l’humain comme à la nature — avec l’idée d’intégrer le cycle de vie dès la conception, pour que les machines puissent être réutilisées, recyclées ou biodégradées.
La revue vidéo du 25 septembre présente notamment le F10 de Skydio, drone à voilure fixe lancé et récupéré de façon autonome par un bras robotisé, et une main dextre de Unitree proposée à partir de 6 500 dollars. Lors de la cérémonie d’ouverture des WorldSkills de Shanghai, le 22 septembre, 19 humanoïdes Unitree se sont produits aux côtés de 120 danseurs devant plus de 10 000 spectateurs. Côté industrie, Universal Robots présente sa série g, évolution de la gamme UR, qui se connecte plus directement aux caméras, aux outils de préhension de plus forte puissance et aux systèmes de commande, en supprimant câblage et matériel externes.
Intelligence artificielle
Elie Dolgin présente dans Spectrum, le 22 septembre, Paper2Agent, cadre open source décrit le 16 septembre dans Nature par James Zou (Stanford) et ses collègues : il transforme un article scientifique et son code en agent capable d’exécuter les méthodes décrites. Appliqué à AlphaGenome, modèle qui prédit l’effet de mutations de l’ADN sur la régulation des gènes, il a produit en 45 minutes environ, sans intervention humaine, 22 outils validés par un agent de test — sur un ordinateur portable et pour moins de 15 dollars de calcul —, ensuite exposés via un serveur Model Context Protocol. Limite honnêtement reconnue : sur 100 articles de biologie computationnelle, 26 n’ont pas pu être convertis, faute de code complet, de documentation ou de dépendances fonctionnelles — ce que Zou présente comme un certificat de complétude.
La Commission européenne a publié le 22 septembre deux rapports sur l’éducation. Le premier, Friend or foe?, constate que l’IA générative passe lentement mais sûrement du statut d’innovation à celui d’outil courant dans l’enseignement de l’UE ; son bénéfice dépend de l’usage qui en est fait, son effet sur les compétences à long terme reste incertain, et les enseignants ont besoin d’une formation initiale et continue substantielle. Le second, réalisé par le réseau Eurydice, relève que près des deux tiers des systèmes éducatifs ont adopté des stratégies, des orientations ou d’autres cadres portant sur l’IA, et que la compétence numérique figure dans les programmes du premier cycle du secondaire de presque tous les systèmes étudiés.
L’Union internationale des télécommunications a rendu compte le 22 septembre de l’ouverture de Digital@UNGA 2026, plateforme de coopération numérique qu’elle organise avec le PNUD à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans le cadre de sa plateforme AI for Good, l’UIT et Google s’y sont engagés à financer 100 000 bourses de certificats en ligne via l’AI for Good Skills Coalition, délivrés en appui de l’initiative Giga de l’UIT et de l’UNICEF, en coordination avec les gouvernements.
Télécoms & réseaux
L’Arcep publie le 24 septembre la cinquième édition de son observatoire trimestriel de l’extinction de la 2G et de la 3G, à trois mois de l’arrêt annoncé de la 2G dans l’Hexagone — déjà effectif dans plusieurs départements du Sud-Ouest depuis le printemps. Fin juin 2026, 1,7 million de terminaux compatibles uniquement 2G restaient actifs chez Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR, contre 2,9 millions un an plus tôt (−41,4 %) ; la baisse a été de 327 000 unités au deuxième trimestre. Les terminaux 2G ne représentent plus que 2,4 % du parc des terminaux de communication entre machines (MtoM). Avec les premières extinctions de la 3G attendues à l’horizon 2028, l’ensemble des terminaux « 2G » et « 3G/2G » a baissé d’un tiers en un an, de 5,9 à 3,9 millions.
Maurizio Arseni explique dans Spectrum, le 26 septembre, comment les défauts microscopiques du verre des fibres permettent de surveiller les câbles sous-marins. La détection acoustique distribuée (DAS) envoie un laser dans la fibre et lit, par interférométrie, la phase de la lumière rétrodiffusée (diffusion Rayleigh) : les vibrations d’une ancre ou d’un chalut qui racle le fond étirent légèrement la fibre, ce qui permet d’alerter jusqu’à 15 minutes et 2 km avant que l’engin n’atteigne le câble. Mais la DAS ne couvre aujourd’hui que les 200 premiers kilomètres à chaque extrémité, pour des câbles transocéaniques de 6 000 à 20 000 km. Alcatel Submarine Networks prépare une version étendue à toute la longueur, qui fait tourner plusieurs interrogateurs sur des longueurs d’onde différentes (multiplexage en longueur d’onde) ; la difficulté reste le signal, des échos des millions de fois plus faibles que le trafic et dégradés par le bruit de chaque répéteur. Une réparation coûte environ 20 fois le prix d’une unité DAS.
Margo Anderson s’entretient dans Spectrum, le 21 septembre, avec Peter Bloom, fondateur de l’association Rhizomatica, qui a publié en open source HERMES, un poste de radio numérique en ondes courtes (bande HF, de 3 à 30 MHz) doté de son modem Mercury. Là où les liaisons de données HF plafonnent habituellement à quelques centaines de bits par seconde, HERMES, pile logicielle chiffrée de façon optionnelle, transfère des fichiers (photos, courriels, messages vocaux, coordonnées GPS) avec des postes d’environ 20 watts et des liaisons fiables de 400 à 600 km, l’ionosphère servant de réflecteur. Au Bangladesh, sur une dizaine de bateaux de pêche équipés, l’un d’eux, en avarie à 100 ou 200 km des côtes dans le golfe du Bengale, a pu transmettre sa position et un appel de détresse.
Informatique
L’ENISA a publié le 22 septembre son Threat Landscape 2026, qui couvre les événements observés du 1er janvier au 31 décembre 2025. Le rançongiciel reste le type d’incident au plus fort impact à court terme, et le paysage est dominé en volume par des attaques DDoS de faible impact (51 % des cas), largement liées à l’actualité géopolitique. L’administration publique demeure le secteur le plus visé (32 % des cas), et 73 % des organisations ciblées sont des entités essentielles ou importantes au sens de NIS 2. Plus de 48 000 vulnérabilités ont reçu un identifiant CVE en 2025, soit 22 % de plus que l’année précédente ; parmi les accès non autorisés dont le vecteur a pu être identifié, 60 % exploitaient une vulnérabilité.
L’ANSSI, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) et la Direction générale des entreprises ont réuni le 23 septembre fabricants et organismes d’évaluation autour du Cyber Resilience Act. Deux échéances à retenir : depuis le 11 septembre 2026, les fabricants doivent notifier les vulnérabilités activement exploitées et les incidents graves (article 14) ; d’ici le 11 décembre 2027, tout produit comportant des éléments numériques mis sur le marché européen devra satisfaire aux exigences essentielles du règlement. En France, l’ANFR sera l’autorité de surveillance du marché, habilitée à exiger des corrections, un retrait du marché ou des sanctions pécuniaires ; l’ANSSI sera autorité notifiante des organismes d’évaluation de la conformité et CSIRT national.
Enfin, le CERT-FR a publié le 24 septembre un avis sur Microsoft Office : la vulnérabilité CVE-2026-70125 permet une exécution de code arbitraire à distance. Sont concernés Microsoft 365 Apps pour Enterprise ainsi qu’Office LTSC 2021 et LTSC 2024, en 32 comme en 64 bits ; le correctif est indiqué dans le bulletin de sécurité de Microsoft du 23 septembre.
par Editeur Robotechnique | 21 Sep 2026 | Veille
Sixième édition de ce rendez-vous hebdomadaire : l’essentiel des sept derniers jours dans les quatre domaines que suit le magazine, uniquement à partir de sources d’autorité — institutions, régulateurs, organismes de normalisation et presse d’ingénierie de référence. Chaque lien a été vérifié et chaque chiffre relu dans le texte de la source. Semaine calme côté régulateurs français : l’Arcep n’a rien publié depuis son observatoire du 10 septembre, et la Fédération internationale de robotique reste muette. La section Télécoms compte donc deux entrées, nourries par le 3GPP et la Commission européenne.
Robotique
Le 15 septembre, Evan Ackerman présente dans IEEE Spectrum Digit 5, le nouvel humanoïde d’Agility Robotics : 1,8 mètre, 129 kg, capable de soulever 23 kg jusqu’à 2,1 mètres et de travailler plus de 20 heures par jour, au contact des personnes et sans barrière physique. La sécurité repose sur un principe simple : le robot ne doit jamais pouvoir tomber sur quelqu’un, et y parvient « en évitant, en s’arrêtant ou en adoptant une position assise » de façon autonome lorsqu’une personne approche. Agility a d’ailleurs abandonné les jambes « d’oiseau » de ses premières versions : optimales pour le mouvement dynamique, elles se prêtent moins bien que des jambes humaines aux flexions et aux levages. Côté économie, le coût des composants est estimé entre 150 000 et 200 000 dollars au lancement, et l’offre de service autour de 8 500 dollars par mois ; les commandes pluriannuelles dépassaient 300 millions de dollars en mai, soit nettement moins de 1 000 robots. Les clients de l’Union européenne et du Royaume-Uni devraient pouvoir en acheter en 2027.
La revue vidéo du 18 septembre s’ouvre sur une idée du CLIMB Lab : un quadrirotor n’est au fond que deux birotors reliés entre eux. On y voit aussi WorMa, robot ondulant de NYU Tandon qui pompe de l’eau entre sa tête et sa queue pour gravir des pentes, franchir des marches et nager avec la même allure : placer l’eau vers l’avant est la seule configuration qui lui a fait monter la pente la plus raide testée, 19,5 degrés. Suivent un quadrupède sous-marin du laboratoire de robots autonomes de la NTNU, aux carters de moteurs étanches usinés en polyoxyméthylène, et l’usine d’humanoïdes d’UBTECH, d’où un robot sort toutes les dix minutes.
Intelligence artificielle
Matthew S. Smith raconte dans Spectrum, le 14 septembre, comment OpenAI a mis ses propres modèles de langage au service de la conception de Jalapeño, son premier accélérateur d’IA dévoilé le 25 août. La puce est passée du premier concept d’architecture au premier silicium en moins de 20 mois, dont neuf seulement entre le premier code RTL et le tape-out, avec une équipe de moins de 100 personnes en moyenne. Le flux de conception s’appuie sur XLS, chaîne open source de synthèse de haut niveau issue de Google, terrain où les modèles excellent parce qu’il ressemble à du logiciel. Exemple cité : sur le noyau d’attention latente multi-têtes de DeepSeek, les performances sont passées de 0,31 % à 88,94 % du plafond théorique en une quarantaine d’heures. Andrew Kahng, de l’université de Californie à San Diego, juge ce rythme « probablement le meilleur de sa catégorie aujourd’hui ».
Le même jour, Eliza Strickland décrit dans Spectrum les expériences d’Andon Labs, société de San Francisco spécialisée dans la sûreté de l’IA, qui confie à des agents la gestion de vrais commerces. Après Vending-Bench en 2025, où des agents géraient un distributeur automatique simulé, l’entreprise a signé un bail de trois ans pour Andon Market, une boutique de San Francisco pilotée par un agent nommé Luna, et ouvert à Stockholm l’Andon Café, dont l’agent Mona gère le budget, les commandes et la carte ; le personnel humain assure le travail physique. Le cofondateur Lukas Petersson reconnaît lui-même qu’avec un seul magasin en conditions non contrôlées, il s’agit au mieux de « science faible » : ces essais servent à débusquer des comportements inattendus que l’on tente ensuite de reproduire en simulation.
Enfin, la Commission européenne a salué le 16 septembre la conception du premier projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) consacré à l’IA, porté par 19 États membres dont la France et coordonné par l’Allemagne. Il vise des services d’IA décentralisés et accessibles en commun, et couvre l’ensemble de la pile, des technologies de gestion du calcul jusqu’aux applications. Onze États qui accorderont des aides aux participants directs ont annoncé qu’ils commenceraient à pré-notifier leurs projets à la Commission en septembre 2026.
Télécoms & réseaux
Le 3GPP publie, en marge de la plénière TSG RAN#113 réunie à Madrid, la synthèse des rapports de ses groupes de travail radio (14 septembre). Pour la 6G, RAN1 a franchi des étapes sur le codage de canal montant (BG3), la mise en forme de constellation, la modulation d’ordre supérieur et la conception du bloc de synchronisation SSB ; RAN2 ne voit pas d’obstacle à l’agrégation de spectre FR1-FR2 non colocalisée sur un backhaul non idéal, jusqu’à 10 ms ; RAN3 retient pour l’architecture 6G un découpage de couches hautes (séparation CU-DU et CP-UP) avec celui de la 5G comme base. La charge donne l’échelle du chantier : RAN4 a traité 2 587 documents lors de sa dernière réunion, dont 910 liés à l’étude 6G.
Le 17 septembre, la Commission européenne et la Corée du Sud ont signé un arrangement administratif sur la connectivité satellitaire sécurisée. Il crée un groupe de travail — Commission, Agence spatiale européenne, et côté coréen l’administration des programmes d’acquisition de défense et l’agence pour le développement de la défense — chargé d’échanger sur les programmes existants et à venir et d’étudier des coopérations au niveau système avec IRIS², la constellation européenne dont la première phase doit être lancée d’ici fin 2029. Des traités de coopération sur IRIS² ont déjà été signés avec la Norvège et l’Islande.
Informatique
Le NIST a finalisé le 15 septembre le rapport NIST IR 8587, Protecting Tokens and Assertions from Forgery, Theft, and Misuse, destiné aux fournisseurs de services cloud et à leurs clients. Il rappelle l’incident qui l’a motivé : des jetons forgés à partir d’une seule clé de signature commerciale volée ont permis de dérober plus de 60 000 courriels à une seule agence. La version finale rend les exigences de protection des clés moins prescriptives et davantage orientées vers le résultat, ajoute des considérations de haut niveau sur l’IA et la migration vers la cryptographie post-quantique, et élargit les options pour la révocation des jetons.
Le CERT-FR a publié le 17 septembre un avis sur ISC BIND, serveur DNS : huit CVE permettant un déni de service à distance, une atteinte à l’intégrité des données et un contournement de la politique de sécurité. Sont concernées les versions antérieures à 9.20.29, la branche 9.21.x antérieure à 9.21.26 et l’édition Supported Preview antérieure à 9.20.29-S1 ; les correctifs sont indiqués dans les bulletins de l’éditeur.
Enfin, Rahul Rao présente dans Spectrum, le 17 septembre, S-Transistors, jeune pousse d’Espoo issue du centre de recherche finlandais VTT, qui veut fabriquer des transistors supraconducteurs à l’échelle de la plaquette. Le procédé, compatible CMOS, dépose un canal de graphène entre des électrodes en supraconducteur à base d’aluminium, formant une jonction Josephson ; la tension appliquée sur une troisième électrode, la grille, fait varier le courant critique ou active et coupe la supraconductivité. Objectif : rapprocher l’électronique de commande des qubits dans le cryostat, et réduire le faisceau de câbles qui y achemine aujourd’hui les signaux. Les premiers circuits — multiplexeurs et démultiplexeurs — sont annoncés pour 2027.
par Editeur Robotechnique | 14 Sep 2026 | Veille
Cinquième édition de ce rendez-vous hebdomadaire : l’essentiel des sept derniers jours dans les quatre domaines que suit le magazine, uniquement à partir de sources d’autorité — institutions, régulateurs, agences européennes et presse d’ingénierie de référence. Chaque lien a été vérifié et chaque chiffre relu dans le texte de la source. L’Arcep, en maintenance la semaine dernière, revient avec son observatoire du fixe ; la Fédération internationale de robotique n’a en revanche rien publié dans la fenêtre.
Robotique
Le 10 septembre, Edd Gent fait le point dans IEEE Spectrum sur un verrou ancien de la manipulation : le toucher. À l’université de Californie à Berkeley, l’équipe de Trevor Darrell a affiné un modèle sur une centaine de démonstrations téléopérées — visser une ampoule, mettre du dentifrice sur une brosse, déplacer un œuf d’un plateau à l’autre — et obtient 65 % de réussite moyenne sur 12 tâches, presque le double du meilleur modèle vision-langage-action. Darrell le reconnaît : ses données proviennent d’un seul matériel, alors que les mains robotiques et les capteurs tactiles reposent sur des conceptions et des physiques très différentes, ce qui rend les données peu transférables d’un laboratoire à l’autre. D’où deux efforts d’échelle : Chengbo Yuan, à l’université Tsinghua, a agrégé plus de 3 000 heures de données issues de jeux publics couvrant 21 types de capteurs et pilote une collaboration de 80 institutions, tandis que l’université Fudan et sa jeune pousse NeoteAI revendiquent plus de 30 000 heures de démonstrations synchronisées vision-toucher. Leur modèle, qui prédit ce que le robot devrait ressentir et amplifie les écarts, atteint 62,8 % de réussite sur cinq tâches à fort contact, contre 28,2 % pour le même modèle privé du toucher.
Toujours dans Spectrum, Elie Dolgin décrit le 7 septembre Aletta, le système de prise de sang autonome de la société néerlandaise Vitestro, qui combine imagerie, robotique et IA pour repérer la veine et piquer. La Food and Drug Administration américaine l’a autorisé le 19 août pour les adultes hors milieu hospitalier, deux ans après les régulateurs européens. Dans l’essai clinique mené aux Pays-Bas sur plus de 1 600 personnes, le prélèvement a réussi du premier coup dans 94,5 % des cas, y compris sur des veines difficiles d’accès ; en cas d’échec, le patient est orienté vers une prise de sang classique. Des capteurs suivent le mouvement du bras et la position de l’aiguille pour interrompre le geste, et un même phlébotomiste peut superviser jusqu’à trois machines.
Enfin, la revue vidéo du 11 septembre s’ouvre sur un humanoïde du Robotic Systems Lab de l’ETH Zurich franchissant une échelle horizontale, exercice qui impose de percevoir une géométrie fine et en surplomb tout en coordonnant le corps entier. Le CRASAR y rappelle le rôle des robots sur les décombres du World Trade Center, du soir du 11 septembre au 2 octobre, date à laquelle le dernier robot disponible est tombé en panne : ils n’ont retrouvé aucun survivant, mais ont localisé des restes et aidé à chercher des passages vers les sous-sols et les cages d’escalier où des pompiers pouvaient être piégés. Unitree y annonce aussi l’ouverture de son modèle de fondation UnifoLM-WLA-1.0, qui coordonne manipulation sur table et manipulation mobile du corps entier.
Intelligence artificielle
Matthew S. Smith revient dans Spectrum, le 9 septembre, sur le filigrane des textes générés. Anthropic a annoncé le 11 août que tous ses futurs modèles Claude marqueraient leurs sorties, avec un procédé fondé sur celui que Google applique à Gemini (SynthID-Text) ; OpenAI prévoit de le faire. Le principe est statistique : le vocabulaire est réparti en deux listes, et les mots de la liste « verte » sont rendus légèrement plus probables — le marquage tient au choix des mots, donc invisible à la lecture. Les travaux de Kirchenbauer et de ses collègues rapportaient 98,4 % de détection sans faux positif sur des réponses d’environ 200 jetons. Google n’a mesuré aucune différence significative dans les retours d’utilisateurs sur 20 millions de réponses, mais son article montre aussi le revers : jusqu’à 95 % de détection dans le meilleur cas, moins de 50 % sur les réponses courtes.
Le même jour, David Berreby décrit dans Spectrum les règles chinoises sur les « services interactifs d’IA anthropomorphes », publiées par l’Administration du cyberespace et d’autres agences et en vigueur depuis le 15 juillet. Elles visent toute IA qui entretient une « interaction émotionnelle continue » en simulant une personnalité humaine : les fournisseurs doivent éviter la dépendance affective et la complaisance excessive, inciter les utilisateurs à limiter leur temps d’usage et prévoir des protections pour les personnes âgées. Les « relations intimes virtuelles » sont interdites aux moins de 18 ans, et les adultes reçoivent toutes les deux heures un rappel que l’IA n’est pas une personne. Les mêmes règles interdisent aussi aux compagnons virtuels de produire des contenus jugés contraires à l’ordre politique.
Côté IA scientifique, Google DeepMind a publié le 8 septembre l’AlphaGenome Atlas, décrit par Greg Uyeno : un répertoire de prédictions précalculées par le modèle AlphaGenome, présenté dans Nature en janvier, sur l’effet de chaque substitution d’une seule lettre du génome humain de référence sur l’expression des gènes. Le compte est simple — environ 3 milliards de paires de bases, trois substitutions possibles à chaque position, soit 9 milliards de variants — et le jeu complet pèse environ un pétaoctet. Jusqu’ici, les chercheurs devaient choisir leurs variants et faire tourner eux-mêmes un modèle très gourmand en calcul.
Télécoms & réseaux
L’Arcep a publié le 10 septembre son observatoire du fixe à fin juin 2026. Sur 45,2 millions de locaux, 43,1 millions sont raccordables à la fibre (95,3 %), dont 275 000 rendus raccordables dans le trimestre ; pour plus d’un tiers des 2,1 millions restants, les opérateurs font état d’un refus d’intervention par un tiers ou d’un local en construction. Côté abonnements, la fibre atteint 28,1 millions (+460 000 au deuxième trimestre, contre +610 000 un an plus tôt), soit 85 % des 33,1 millions d’abonnements internet fixes ; le haut débit tombe à 3,2 millions et le nombre total d’abonnements ne progresse que de 50 000 sur le trimestre : la croissance de la fibre vient pour l’essentiel de la migration des abonnés existants.
Le même jour, l’Arcep a ouvert une deuxième consultation publique sur les fréquences de la bande 3,4 – 3,8 GHz en Guyane, après celle menée en 2025 pour Mayotte et la Guyane. Elle porte sur l’usage de la sous-bande 3 410 – 3 480 MHz pour des réseaux mobiles dans les communes littorales, sur l’extension aux communes d’Apatou et de Régina des autorisations délivrées en 2023 aux opérateurs mobiles, et sur l’attribution de la bande dans les autres communes isolées. Les contributions sont attendues avant le 12 octobre 2026 à 18 heures.
Enfin, Michelle Hampson rend compte dans Spectrum, le 13 septembre, d’un essai de perception collective V2X mené en juin 2024 sur le Bizkaia Connected Corridor, au Pays basque espagnol, avec la Fundación Vicomtech : une Toyota Prius échangeait des messages de perception collective avec des unités de bord de route entre 80 et 120 km/h. Les résultats sont instructifs : un véhicule passant à moins de 30 mètres était détecté 65,7 % du temps, 20,5 % entre 30 et 50 mètres, 0,1 % entre 50 et 100 mètres. La chaîne perception-transmission ajoute ses propres délais — jusqu’à 132 ms pour la détection —, aggravés par le plafond européen de 10 messages par seconde et par un envoi à cadence fixe, décorrélé de la fin de l’analyse.
Informatique
Le CERT-FR a émis le 10 septembre une alerte sur Metabase (CVE-2026-72898) : une injection SQL exploitable sans authentification permet d’obtenir les droits d’administrateur de l’instance, et le CERT-FR a connaissance de nombreuses compromissions. Les tentatives se repèrent dans les journaux par la succession d’un POST /api/session/reset_password en erreur 400 et d’un GET /api/user/current en 200. À défaut de correctif immédiat, l’éditeur recommande de bloquer l’accès public à ce chemin ; s’il était exposé, il faut purger la table core_session, inspecter clés d’API et comptes administrateurs et renouveler les identifiants des bases connectées.
Le 7 septembre, l’ANSSI a annoncé REACTIV (« REponse & ACTion Interministérielle face aux Violations de données »), une capacité renforcée de réaction mise en place à la demande du Premier ministre face à l’intensification des attaques liées à des violations de données touchant les services de l’État. L’opération bascule les efforts opérationnels de l’agence vers le traitement des compromissions de comptes et l’analyse des fuites, et renforce son autorité : l’ANSSI peut faire prendre aux ministères, dans des délais contraints, les mesures immédiates nécessaires, et centralise la communication technique de crise.
Enfin, l’ENISA a mis en service le 11 septembre la plateforme unique de signalement du règlement sur la cyberrésilience (CRA), le jour même où les fabricants de produits comportant des éléments numériques deviennent tenus de signaler les vulnérabilités activement exploitées et les incidents graves. Le principe est de déclarer une seule fois : le CSIRT coordinateur qui reçoit la notification la diffuse aux CSIRT des autres États membres où le produit est commercialisé, et l’ENISA la reçoit simultanément. Les exigences de sécurité proprement dites du CRA s’appliqueront à partir du 11 décembre 2027.
par Editeur Robotechnique | 7 Sep 2026 | Veille
Quatrième édition de ce rendez-vous hebdomadaire : l’essentiel des sept derniers jours dans les quatre domaines que suit le magazine, uniquement à partir de sources d’autorité — institutions, régulateurs, organismes de normalisation et presse d’ingénierie de référence. Chaque lien a été vérifié et chaque chiffre relu à la source. Deux absences cette semaine : la Fédération internationale de robotique n’a toujours rien publié depuis le début de l’été, et le site de l’Arcep est en maintenance. C’est l’Union internationale des télécommunications, qui tenait son Forum mondial des politiques de télécommunication aux Bahamas, qui fournit l’essentiel de la matière côté réseaux.
Robotique
IEEE Spectrum a publié le 4 septembre sa revue vidéo hebdomadaire, ouverte par le Digit d’Agility Robotics déplaçant un canapé. L’exercice n’a rien d’anecdotique : un humanoïde qui tire une charge molle, dont le centre de masse se déplace pendant le mouvement, résout un problème nettement plus difficile que la manipulation d’un colis rigide. Le même sommaire aligne une pince du RAI Institute copiée sur la main du koala — deux pouces par main, ce qui change la géométrie de la prise —, un quadrupède Lynx M20S de DEEP Robotics engagé dans les vendanges de Turpan, en Chine, où la température au sol dépasse 50 °C l’été, et des robots mous en forme de larme de la North Carolina State University : un ruban d’élastomère à cristaux liquides monté sur un tube d’aluminium en V, qui saute tant qu’on l’éclaire en infrarouge, sans moteur ni batterie embarquée.
Toujours dans Spectrum, le 3 septembre, la présentation de RoboBall III, développé à Texas A&M sous la direction de Rishi Jangale, avec Robert Ambrose — ancien roboticien de la NASA — comme encadrant. La machine est une sphère de 1,8 mètre pour 150 kilos qui se déplace en déplaçant un pendule dans sa coque, donc en jouant sur son propre centre de masse : pas de roue, pas de train de roulement à protéger de la poussière. Cette troisième version délivre 2,5 fois le couple de la précédente et gravit des pentes de 20 degrés, pour un coût de développement annoncé autour de 250 000 dollars. La cible affichée est le cratère Shackleton, au pôle sud lunaire : 21 kilomètres de diamètre, 4 kilomètres de profondeur — un relief où un rover à roues ne descend pas.
Enfin, le 5 septembre, Charles Q. Choi rend compte des travaux du Biorobotics Lab de l’université du Queensland, dirigé par T. Thang Vo-Doan et publiés dans Advanced Science. L’équipe pilote des blattes fouisseuses géantes (Macropanesthia rhinoceros, environ 40 grammes, la plus lourde espèce connue) au moyen d’électrodes implantées dans les antennes et les cerques, l’insecte portant plus de la moitié de son poids en charge utile — caméra sans fil ou injecteur à ressort. Sur un parcours de 2,5 mètres à trois points de passage, les 25 essais ont été menés à terme ; l’injection sur une cible en silicone de 8 × 10 centimètres a réussi dans 72 % des cas. L’argument avancé est celui de l’accès aux décombres, où aucun robot de cette masse ne se faufile aussi bien.
Intelligence artificielle
La Commission européenne a désigné le 31 août ChatGPT, Reddit et Roblox au titre du règlement sur les services numériques (DSA) : ChatGPT comme très grand moteur de recherche en ligne, Reddit et Roblox comme très grandes plateformes. Le critère est purement quantitatif — au moins 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels moyens dans l’Union — et il déclenche un régime d’obligations renforcées : évaluation et atténuation des risques systémiques liés aux contenus illicites, aux effets sur les mineurs, sur la santé physique et mentale, sur les droits fondamentaux, sur les processus électoraux et sur la sécurité publique. Les services désignés disposent de quatre mois à compter de la notification, soit une entrée en application en janvier 2027.
Le 1er septembre, la Commission a rendu compte du deuxième dialogue industriel UE–Taiwan sur les semi-conducteurs, tenu la veille à Taipei pendant SEMICON Taiwan 2026, avec le Bureau européen économique et commercial et le consortium ChipDiplo (projet de dix-huit mois cofinancé par l’UE). Les échanges ont porté sur la proposition législative Chips Act 2.0 et sur la manière dont la demande de puces d’IA et d’infrastructures de centres de données recompose la répartition des rôles : à l’Europe l’architecture, les outils de conception et la propriété intellectuelle, à Taiwan la fonderie, le packaging et l’intégration système. C’est la deuxième édition après celle de Munich en novembre 2025.
Côté infrastructure, IEEE Spectrum décrit le 1er septembre une poignée de plateformes qui rémunèrent les particuliers pour louer la capacité inutilisée de leur PC de jeu ou de leur serveur domestique : Far Labs à Abou Dabi, Evolving Edge à Austin (bêta ouverte), ainsi que Bless Network, Salad et Gradient. Le point technique à retenir est le périmètre : il s’agit d’inférence, pas d’entraînement — ce dernier suppose des interconnexions à très haut débit et à très faible latence entre accélérateurs, que l’internet grand public ne fournit pas. Far Labs annonce 100 millisecondes de latence ou moins en routant vers les nœuds proches, Evolving Edge s’appuie sur l’outil libre Ray pour répartir les modèles, et les deux encadrent l’exécution par des quotas explicites de GPU, de processeur, de mémoire, de stockage et de réseau.
Télécoms & réseaux
L’Agence nationale des fréquences a mis à jour le 3 septembre son observatoire du déploiement mobile. Au 1er septembre 2026, la France compte plus de 56 100 sites 5G autorisés, dont 50 182 techniquement opérationnels — soit 89,3 % —, et 72 557 sites 4G autorisés dont 65 252 en service en métropole. La ventilation par bande donne 36 501 sites en 700 MHz, 28 371 en 2,1 GHz et 38 239 en 3,5 GHz : les totaux se recoupent, un même site portant généralement plusieurs bandes, et c’est précisément cette superposition qui détermine le débit réellement disponible. La progression du mois d’août reste faible : +0,3 % de sites 5G autorisés, +0,2 % de sites 4G en service. En métropole, Orange exploite 32 988 sites 4G, devant Bouygues Telecom (32 119), Free Mobile (31 398) et SFR (31 024).
L’Union internationale des télécommunications a clôturé le 4 septembre, à Nassau, son septième Forum mondial des politiques de télécommunication (WTPF-26), tenu du 2 au 4 septembre et suivi par plus de 500 participants sur place et à distance. Cinq Opinions y ont été adoptées : réduction des fractures numériques, transformation numérique respectueuse de l’environnement, résilience des systèmes de télécommunication et des TIC, connectivité spatiale, et renforcement des écosystèmes d’innovation. Ces textes n’ont pas de valeur contraignante : ils préparent la Conférence de plénipotentiaires (PP-26) qui se tiendra deux mois plus tard et où se décident, elles, les orientations de l’Union.
Deux jours plus tôt, la même organisation publiait son rapport annuel sur l’empreinte climatique du numérique, portant sur 200 entreprises. Les émissions opérationnelles (scopes 1 et 2) atteignent 301 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2024, soit 0,8 % des émissions mondiales liées à l’énergie et une hausse de 1,2 % sur un an ; les 163 entreprises ayant déclaré leur consommation électrique totalisent 494 térawattheures, environ 1,7 % de la consommation mondiale, dont 54 % pour les dix premières seulement. Vingt-cinq entreprises sur 200 s’approvisionnent à 100 % en électricité renouvelable. Le contraste le plus net est sectoriel : quatre grands fournisseurs d’IA et de cloud ont vu leurs émissions augmenter jusqu’à 239 % depuis 2020, quand quatorze grands opérateurs télécoms les réduisaient de 11 % sur la même période.
Informatique
L’ANSSI a publié le 3 septembre un appel à action sur la transition post-quantique, signé avec les agences du groupe de travail cyber du G7, la Commission européenne et l’ENISA étant associées comme invitées. Le texte a été porté par la présidence française du G7 en 2026, dans la continuité des travaux amorcés par le Canada en 2025. Le message tient en une phrase : la migration vers des algorithmes résistants au calcul quantique doit être anticipée, parce qu’un chiffrement cassé dans dix ans expose dès aujourd’hui les données interceptées et conservées. La première étape recommandée n’est pas technique mais documentaire : recenser où la cryptographie est employée dans le système d’information, faute de quoi aucun plan de migration ne peut être établi.
La CNIL a prononcé le 3 septembre une amende de 500 000 euros contre l’Hôpital privé de la Loire, après une violation de données de santé touchant 524 867 patients et 202 246 personnes de confiance. Les manquements retenus sont élémentaires et instructifs : accès externes au dossier patient sans VPN ni authentification multifacteur, habilitations non cloisonnées — le personnel pouvait consulter l’ensemble des dossiers, sans lien avec la prise en charge —, et absence de détection en temps réel, qui a laissé les attaquants opérer plusieurs jours. La formation restreinte vise l’article 32 du RGPD (sécurité du traitement) et l’article 34 (information des personnes concernées), les personnes de confiance n’ayant pas été averties.
Deux avis du CERT-FR méritent enfin une action immédiate. L’alerte du 2 septembre concerne les passerelles SonicWall SMA 1000 (modèles 6210, 7210 et 8200v) : la CVE-2026-83548 permet une falsification de requête côté serveur à un attaquant non authentifié, la CVE-2026-83549 une exécution de code pour un administrateur authentifié, et les deux sont activement exploitées. Point capital : le correctif ne suffit pas — l’éditeur impose une réinstallation du système, la réinitialisation de tous les mots de passe et la régénération des secrets TOTP, ce qui revient à traiter tout équipement exposé comme potentiellement compromis. En parallèle, l’avis du 4 septembre recense douze vulnérabilités dans Google Chrome, dont la CVE-2026-85046 activement exploitée ; les versions corrigées sont 152.0.7977.82 sous Windows et Linux, 152.0.7977.83 sous macOS.
par Editeur Robotechnique | 31 Août 2026 | Veille
Troisième édition de ce rendez-vous hebdomadaire : l’essentiel des sept derniers jours dans les quatre domaines que suit le magazine, uniquement à partir de sources d’autorité — institutions, régulateurs, agences de normalisation et presse d’ingénierie de référence. Chaque lien a été vérifié et chaque chiffre relu à la source. Fin août oblige, la moisson institutionnelle est maigre : ni la Fédération internationale de robotique, ni l’Arcep, ni le Comité européen de la protection des données n’ont publié cette semaine. Les sections Robotique et Intelligence artificielle comptent donc deux entrées au lieu de trois : nous préférons une liste courte à un remplissage.
Robotique
IEEE Spectrum a publié le 28 août sa revue vidéo hebdomadaire, consacrée au Microduck de Pollen Robotics : 25 cm, 780 g, quinze degrés de liberté, une caméra frontale, un LiDAR 8×8 points, deux centrales inertielles, annoncé à 399 dollars en précommande. Le même sommaire aligne un robot sauteur de 54 g présenté dans IEEE Transactions on Robotics, une pince de moins de 200 g signée Sentio Robotix pour la cueillette de fraises, et un manipulateur de Tokyo Robotics qui plie une chemise en deux minutes. C’est cet ordre de grandeur — deux minutes pour un pliage — qui sépare encore la démonstration de laboratoire de la cadence industrielle.
Sur la Station spatiale internationale, le journal de bord de la NASA du 27 août détaille la préparation de la sortie extravéhiculaire du mardi 1er septembre : Sophie Adenot (ESA) et Jessica Meir (NASA) doivent passer environ six heures et demie dans le vide pour remplacer une aide à la navigation, préparer un détecteur de particules cosmiques en vue d’une évolution ultérieure et poser des cavaliers destinés à renforcer les liaisons de données. Le bras Canadarm2 servira de plateforme mobile pour amener l’une des opératrices jusqu’au poste de travail. Le même jour, le cargo Cygnus XL de Northrop Grumman a allumé ses propulseurs pendant 20 minutes et 43 secondes pour rehausser l’orbite de la station avant l’arrivée du ravitailleur Progress 96.
Intelligence artificielle
IEEE Spectrum décrit le 26 août Silico, la plateforme d’interprétabilité développée par la société Goodfire. L’outil relève de l’interprétabilité dite mécanistique : il inspecte les poids, les activations et les motifs d’attention d’un modèle, cartographie les activations en réponse à des invites contrôlées, suit la dérive des poids pendant l’entraînement, et permet de modifier directement ces poids pour observer l’effet sur les sorties. Illustration donnée par l’article : sur un modèle de détection de la maladie d’Alzheimer étudié avec Prima Mente, la rétro-ingénierie a montré que le réseau s’appuyait sur des motifs de longueur d’ADN, biomarqueur jusque-là inconnu.
Côté normalisation, le NIST a mis en consultation le projet SP 1353, guide de démarrage rapide sur l’usage de l’IA pour analyser un dispositif de cybersécurité au regard du Cybersecurity Framework 2.0. Le document propose des invites structurées, fait le point sur l’état de la pratique en ingénierie d’invites et détaille trois cas d’usage : évaluation de la gouvernance, rédaction d’un profil d’état courant, construction d’un profil cible aligné sur les objectifs et le paysage de risques de l’organisation. Les commentaires sont ouverts jusqu’au 15 octobre 2026 : c’est la fenêtre pendant laquelle un praticien peut encore peser sur le texte.
Télécoms & réseaux
L’Agence nationale des fréquences a ouvert le 27 août la campagne de renouvellement des autorisations d’utilisation de fréquences des réseaux radio professionnels (PMR) délivrées par l’Arcep. Environ 3 500 dossiers sont concernés : chaque titulaire doit se prononcer sur la reconduction de son autorisation au-delà du 31 décembre 2026, pour une nouvelle période de cinq ans, via l’application SURF ou par courriel en rappelant son numéro de dossier. Rappel utile pour qui exploite un site industriel : le PMR reste le support de nombreux réseaux de sécurité, de chantier et de logistique, là où la couverture cellulaire n’est ni garantie ni maîtrisée.
IEEE Spectrum a consacré le 26 août un dossier à la dépendance des réseaux et des centres de données à deux terres rares, l’erbium et l’yttrium. L’erbium est le dopant des amplificateurs à fibre qui régénèrent le signal optique sur les liaisons longue distance ; d’après les industriels cités par l’article, la Chine assure la quasi-totalité de la production mondiale d’oxyde d’erbium. Elle extrait par ailleurs 90 % de l’yttrium mondial — employé dans les revêtements de barrière thermique, les filtres hyperfréquences et les condensateurs — et les livraisons vers les États-Unis auraient reculé d’environ 75 % par rapport à 2025. Les restrictions chinoises à l’exportation doivent produire leur plein effet en novembre 2026.
Enfin, l’observatoire mensuel de l’ANFR arrêté au 1er août 2026 recense 55 977 sites 5G autorisés en France, dont 49 877 déclarés techniquement opérationnels par les opérateurs, soit 89,1 %, et 72 467 sites 4G autorisés. Le détail par bande est le chiffre à retenir : 38 116 sites autorisés en 3,5 GHz contre 36 417 en 700 MHz. La bande capacitaire est donc passée devant la bande de couverture, après des années où la 5G française s’est d’abord déployée en basses fréquences.
Informatique
Le CERT-FR a publié le 28 août un avis sur deux vulnérabilités de PaperCut MF et NG (CVE-2026-81578 et CVE-2026-82078), qui permettent à un attaquant de contourner l’authentification puis d’exécuter du code arbitraire à distance. L’avis précise que ces failles sont activement exploitées et recommande, à défaut de correctif immédiat, de restreindre par règle de pare-feu l’accès au serveur applicatif aux seules adresses de confiance. Un serveur de gestion d’impression figure rarement en tête des priorités de mise à jour ; il est pourtant joignable depuis l’ensemble du réseau interne, ce qui en fait un point d’entrée de choix.
Deux autres avis, datés du 27 août, visent des briques d’infrastructure très répandues : Traefik, pour les versions antérieures à 2.11.56 et aux 3.7.12, avec contournement de la politique de sécurité et déni de service à distance, et CPython (CVE-2026-15310), déni de service à distance également. Le premier est un reverse proxy placé en façade d’applications web, le second l’interpréteur Python de référence : deux composants qu’on hérite le plus souvent d’une image conteneur sans les avoir explicitement choisis, et qui échappent pour cette raison aux inventaires de parc.
Côté recherche appliquée, le NIST a publié le 27 août le rapport interne IR 8611, « m-NGAC ». Il part d’un constat familier à qui exploite une base métier : les mécanismes de contrôle d’accès natifs des bases de données offrent rarement la granularité fine et l’administration centralisée attendues. La proposition consiste à embarquer la norme ANSI/INCITS NGAC dans le moteur lui-même, afin de porter le contrôle jusqu’au niveau de la colonne et de le rendre indépendant de l’outil d’interrogation employé, y compris un simple éditeur SQL — le point précis où les restrictions posées dans l’application s’évaporent d’ordinaire.