Chaque semaine, nous relevons l’actualité de la robotique, de l’intelligence artificielle, des télécoms et de l’informatique en nous appuyant uniquement sur des sources d’autorité : institutions, régulateurs, presse d’ingénierie de référence. Chaque lien a été vérifié et chaque fait relu à la source. L’IFR n’a publié aucun communiqué dans la fenêtre de 7 jours (le dernier date du 30 septembre) : les sections Robotique et Intelligence artificielle n’ont donc que deux entrées, issues de la presse d’ingénierie.

Robotique

IEEE Spectrum, Video Friday (23 octobre) : un robot quadrupède du Robotics Systems Lab de l’ETH Zurich résout seul un Rubik’s Cube géant en ne se servant que de ses pattes. Parmi les autres vidéos, l’humanoïde KAIST Humanoid v0.9 pousse des objets jusqu’à 35 kg et en soulève jusqu’à 20 kg à partir de sa vision embarquée ; les mains à trois doigts du robot AthenaZero (Robotics and AI Institute), actionnées par tendons, se referment en 80 millisecondes environ ; et des bioactionneurs de l’ETH Zurich, conçus en optimisant ensemble muscle cultivé et structure souple, atteignent jusqu’à 11 fois l’amplitude de mouvement des systèmes antérieurs à volume de tissu comparable.

IEEE Spectrum (19 octobre) : Jonathan Hurst, cofondateur d’Agility Robotics, raconte comment le nouveau Digit 5 s’est éloigné du robot élégant qu’il imaginait. Plus de 120 kg, des bacs de 23 kg à porter jusqu’à des étagères de 1,75 m (les limites de levage recommandées par le NIOSH américain), une batterie de 90 minutes pour 9 minutes de charge et 20 heures de travail par jour. Côté sécurité, le choix est volontairement conservateur : quand une personne approche, le robot s’arrête, pose sa charge, s’assoit au sol et coupe l’alimentation de ses moteurs avant qu’elle ne puisse le toucher. Un témoignage de constructeur, à lire comme tel.

Intelligence artificielle

IEEE Spectrum (21 octobre) : entretien avec Ellia Lebleu, doctorante en IA au centre Inria de l’université de Rennes et membre fondatrice du WikiProject AI Cleanup, lancé en 2023 pour retirer de Wikipédia les contenus générés par IA contraires à ses règles. Selon ses estimations avec l’outil de détection Pangram, environ 20 % des nouveaux articles et brouillons étaient signalés comme générés par IA fin 2025, 15 à 16 % début 2026. Le principal souci est désormais les citations : des sources réelles, mais qui ne soutiennent pas ce qui est écrit. Wikipédia en anglais interdit maintenant de générer des articles avec un LLM.

IEEE Spectrum (21 octobre) : enquête sur le « bien-être des modèles », champ de recherche qui se demande si des IA pourraient avoir des intérêts méritant une considération morale. Anthropic a ainsi mené un « entretien de départ » avec Claude Opus 3 lors de son retrait en janvier 2026, puis lui a ouvert un blog ; Mustafa Suleyman (Microsoft AI) juge au contraire, dans un essai publié en septembre, que cette recherche pourrait rendre les modèles plus difficiles à contrôler. La difficulté de méthode est centrale : ce que dit un LLM ne prouve rien, puisqu’il est entraîné sur des textes humains décrivant des émotions, d’où les travaux qui cherchent à relier son comportement à des états internes observables.

Télécoms & réseaux

Arcep (22 octobre) : résultats de la campagne 2026 de mesure de la qualité de service mobile aux Antilles et en Guyane, soit plus de 465 000 mesures réalisées entre mai et juillet en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin (voix, SMS, débits, navigation web, vidéo). La 5G y est mesurée pour la première fois en Guadeloupe et en Martinique, et la voix passée par les messageries (« voix OTT ») a de nouveau été évaluée sur 10 % des mesures. Les résultats de La Réunion et de Mayotte suivront.

Arcep (19 octobre) : l’Autorité rend publiques deux mises en demeure du 21 juillet 2026 (décisions n° 2026-1342-RDPI et n° 2026-1343-RDPI) enjoignant à Orange et à XpFibre de respecter leur obligation de complétude des réseaux en fibre optique jusqu’à l’abonné en dehors des zones très denses. Le même jour, elle publie la mise en demeure de SFR du 12 février 2026 (décision n° 2026-0317-RDPI) sur sa participation au dispositif de couverture ciblée et à l’extension de la couverture en « 4G fixe » du New Deal mobile.

Entreprise commune SNS (22 octobre) : à Techritory 2026, à Riga, l’entreprise commune européenne Smart Networks and Services annonce 22 millions d’euros pour cinq propositions (6G-AID, HEMES-6G, EUNICON-6G, EU-INDIA-6G-BRIDGE et SNS IMPACT) destinées à faire passer la recherche 6G du laboratoire à l’expérimentation à grande échelle : données prêtes pour l’IA et 6G « nativement IA », plateformes d’essai, écosystèmes d’objets connectés et coopération internationale. 2026 et 2027 sont les années des travaux préparatoires aux normes 6G.

Informatique

Commission européenne, ENISA, CERT-EU, Europol EC3 et réseau des CSIRT (21 octobre) : déclaration conjointe sur deux vulnérabilités critiques de PHP (CVE-2026-109618 et CVE-2026-109619), qui permettraient d’exécuter du code à distance sur un serveur vulnérable sans authentification. Les correctifs sont publiés depuis le 21 octobre à 13 h 40 UTC ; il est recommandé d’inventorier les applications PHP, y compris les produits qui l’embarquent sans le montrer, de traiter d’abord les systèmes exposés sur Internet et, à défaut, de les isoler des réseaux publics. Le texte rappelle que depuis le 11 septembre 2026 les fabricants doivent déclarer les vulnérabilités activement exploitées sur la plateforme du Cyber Resilience Act. L’avis CERTFR-2026-AVI-1359 du CERT-FR précise les versions concernées : toutes les branches 5.x à 8.1.x, puis les 8.2.x antérieures à 8.2.35, 8.3.x antérieures à 8.3.36, 8.4.x antérieures à 8.4.27 et 8.5.x antérieures à 8.5.12.

CERT-FR, avis CERTFR-2026-AVI-1365 (22 octobre) : plusieurs vulnérabilités dans le serveur DNS ISC BIND, avec risque d’exécution de code arbitraire et de déni de service à distance. Sont concernées les versions antérieures à 9.20.30 et à 9.21.27, ainsi que BIND Supported Preview Edition antérieure à 9.20.30-S1 ; les correctifs figurent dans les trois bulletins ISC du 21 octobre.

IEEE Spectrum (24 octobre) : quelque 50 pays utilisent désormais lecteurs d’empreintes ou reconnaissance faciale à une étape de leurs élections. Le 4 octobre, la Bosnie-Herzégovine a voté pour la première fois avec ce dispositif, le même jour que le Brésil, où 89 % des électeurs sont enrôlés. Les observateurs de l’OSCE ont relevé des problèmes techniques sur les appareils dans 13 % des bureaux observés, l’agence bosniaque IDDEEA annonce un taux d’identification supérieur à 97 %, et la participation est tombée à 42,02 % contre 51,45 % au scrutin précédent. L’article pèse aussi les limites : coût, opacité, et électeurs exclus par une technologie faillible.